‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 166 sur 307 · Apol. 1, § XL · texte numérisé non relu

Apol. 1, § XL

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i*ui> venaient d'aulr».** confusions inévitables entre des lu>mines pour lesijiifls l^s mots avaient cessé d'avoir le même >ons. TertuUii-n écrivait : Ouand les juges nous sollicitent de sacrifier, ils umus répètent : Sauve la vie, ne va pas la perdre follement! Le tihrist s*e\primerait-il d'autre sorte? N'a-t-il pas dit : Celui qui conserve sa vie la perdra; celui qui la perd, pour Taujour de moi la sauvera '. » Aussi bien que cliez l'illustre Père, ces adjurations des magistrats éveil-

I. ,. l'robus praeses «lixit : vîujc in.iiiilat.i vcl cujus rogis ? » [Passio s. f^ltK^nis, S 2. Acia sine. p. 401 .

l|i ^1^ et ci desjtoufl mou chapitre WVll. Pour cette conceptiou maté- **• dû l'itVHiitue de Uieu, voir Acta «.f. Eusebii^Marcelli : « Paulina dixit ad **'**'^ .ji iin'itbylerum : Quid ef»t regnuui caMoraiu ? Plus est regnum ipsum v-*'**^ .^1^ thésaurus et fabrica Jovi.4 Capitoiil ? » ;De Ros^i, Roma sotlerru' i-***" .fci p, 203). Oa sait le mot de Clovia devant le magnifique appareil de %-^ k^AHl*^ ' *^^*^'" Bimul pcrgerent (ad baptisterium) Rex interro-

^m^ KMr , »ns : Est hoc regnum Dei quod mihi promittis ? >•

j||M'M''f' «sidcs cuiu hortanlur negatioui : Scrva animaui tuaiii,

i. ' I* tuaui pcrderc. Qnomodo loqucrctur Christus ? »

laient dans l'esprit des martyrs la mémoire des préceptes de Jésus. Les mots, si souvent répétés dans les interrogatoires : « Garde ta vie, sauve-toi de la mort ! » leur semblaient un avertissement divin donné par la bouche même de l'ennemi. « Je sauve ma vie, répliquaient-ils au juge, et je me garde de la mort *. » — « Je ne souhaite rien autre chose, répondit Tun d'eux, que mon salut », et le gouverneur crut que le saint parlait de la vie de ce monde. « Cet homme, pensait-il, va sacrifier. » Il s'en réjouissait avec son assesseur, quand le martyr se mit à prier à voix haute, suppliant le Seigneur de le garderde toute chute et des tentations d'ici bas. « Comment, s'écria le païen surpris, tu viens de dire que tu voulais vivre et voici maintenant que tu veux mourir! » Le iidèle répliqua : « Je veux vivre, mais dans l'éternité et non point en ce siècle périssable'. » Menacée d'être envoyée rejoindre, si elle ne cède, son Christ supplicié, sainte Aura répond au gouverneur : « Tu dis bien, et la vérité vient cette fois de sortir de ta bouche, car je verrai le Christ, si je ne rends pas hommage aux démons '. C'est ainsi que, des premières poursuites jusqu'au temps de Dioctétien, les vieux textes nous montrent les gentils, étrangers au langage des fidèles, s'irritant de ce

î. Passio s. Irenœi^ § 4 : « Probus dixit : Lucrare mortem. Irenœus rcspondit : Lucror coutinuo mortem, quando per eas quas mihi putas inferre poeoa^, quas ego non pentio, propter Deum accipio vitam » ; Passio s. Philippi episc, § 7 : <« Respondit Hermès : Festinamus ad vitam. Ait Bassus : SacriOcate ergo, si quaeritis vitam » [Acla sincera, p. 402 et 414) ; Acta ss. Savini et Cypriani, § 6 : « Lucramini vobis vitam, si sacriûcaveritis. S. Savinus respondit : Lucrum nostrum e$«t niori in Christo » ; Passio s, Plalonis^ § 4 et 5 : « Jam nunc suadeo tibi ut proprio fiiio effugere mortem et concurrere ad vitam. S. Piato respondit : Bene puades, Agrippine ; ego ideo fugio sempiternam mortem, ut promerear œternam percipere vitam » (Boîland. 22 jul.) ; Vita s. Maximi levitae, § 10 : « Resipisce ab insania tua, ut animam Uiam lucreris. §. Maxim us respondit : Animam lucrabor si non sacrificero daemoniis o (Rolland., 11 et 22 jul. ; 19 oct.).

2. « Et ad eum Nicander : ... Me délibérasse cognosce, atque id in animum induxisse ut nibil aliud cupiam prœ salute.... Putabat prsses Christi martyrem de bac vita atque hujuscemodi servanda salute dixisse, et quod sacrificaturum eum putaret nimium laetabetur. Ita gaudens cum Leucone consiliario suo incedebat, etc. •» [Acta ss, Mariani et Nicandri, § 2. Acta sincerOy p. 552).

3. 'H ày:a Xpvoîi stitsv aOtco • K«X(b; eîprjxa; où eXeetvi. K* àv o'^InoTS irpoiqyocycc tT)v àXr,6eiav ex toO aTOfiaTo;. Xéycov u; èxv {at) OuŒtàaoi TOfc 8ai|iovioic é^t^Ofiai Tov Xp((rr<Sv |&ov (De Magistris, Acta martyrum ad Oêlia Tiberina, p. LIX),

parler mystique qui entrave le cours des débats et où s^obstinent les contempteurs des dieux.

Fâsez nos livres, écrivaient saint Théophile d'Antioche et Tertullicn ; ils ne sont cachés à personne ^ Pour les païens, en eiïet, les livres saints n'étaient pas chose inconnue. La controverse d'Origène nous montre un philosophe discutant, critiquant le texte de la bible *; un idolâtre dont parle saint Ambroise savait le miracle de Cana '. La connaissance des choses chrétiennes n'est toutefois que fort sommaire chez les ennemis de la foi ; on attribue aux fidèles, que Ton confond d'ailleurs avec les juifs*, avec les dévots de Sérapis*, les dogmes des valentinicns * ; Celse interprète mal un texte de saint Paul qu'un juge accuse d'ignorance^ ; il ne sait point le nombre des apôtres ; Phlégon ne distingue même pas le Christ de saint Pierre • ; la mention du Verbe comble les païens d'étonnement*.

Si mal instruits qu'ils soient des préceptes, de l'histoire du christianisme, les magistrats n'y cherchent pas moins des moyens d'argumentation: « Qui t'empêche de renierton Dieu ? Paul lui-même, hasardent-ils en confondant entre eux les princes des apôtres, Paul lui-même ne l'a-t-il pas renié?*® » — « Sacrifie donc ! Moïse a sacrifié ". » — « Obéis è l'empereur que le ciel inspire, car il est écrit dans vos livres: Cor régis in

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