CHAPITRE III
Les chrétiens dans la société païenne aux premiers &ges de l'Église
Ceux qui ont étudié l'histoire- des premiers siècles de rÉglisc savent les antiques préceptes formulés par les écrits Pseudo-Clémentins, par le rigorisme de Tertullien, pour régler la conduite des fidèles; s'isoler des gentils^ des alieni^ comme on disait autrefois ^ ne point s'associer aux démonstrations de leurs fêtes, éviter leurs banquets, leurs réunions, leurs marchés mêmes, autant que le permettent les besoins de chaque jour, prendre ses repas, converser, vivre entre soi, ne point porter les armes, fuir toute charge publique; à ces conditions seules peut être atteinte la perfection rêvée '.
C'était là, sur la plupart des points, un état théorique, et si quelques-uns ont pu, sans défaillir jamais, obéira cette règle étroite, ils demeurèrent en petit nombre^ car une société humaine ne pourrait, si parfaite qu'on l'imagine^ être formée
1. S. Augustin., Civ. Dei, L. I. cl:» Martyrum loca et basilicec Âpostolorum in illa vastatione Urbis ad se confugientes suos alienosque recepcrunt x. De Rossi, Bullettino delta Commissione comunale di Roma^ 1877, pi. XX. n^ 8 et p. 241 : FILIA MEA INTER FEDELES FIDELIS FVIT INTER ALf>NOS PAQANA FVIT. Eusebe, BisL eccl. L. VIII, c. VII, désigne les païens par les mots 01 UcoOsv.
2. Coni. Aposi,, l, 4 ; II, 62 ; EpisL ad Jacobum, § 9 ; Tertull., De idololatria ; De $pectaculi8^