‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 181 sur 307 · Inslit. divin., V, H · texte numérisé non relu

Inslit. divin., V, H

4. Tcrtull. ad Scapul. IV; Passio ss. Montani et Lvcii,% XX; Acta s. Phileœ, « H ; {Acta sincera, p. 237 et 49i) ; cfr. S. Ambros., Epist. XXV, § 3 (Studio): » Scio taraen plerosque gentil i uni gloriari solitos quod incruentaiD de administratioue provinciali securem revexerint. »

5. « Quidquid Dco placet, » dit sainte Sabine menacée de viol. Acta s. Pioniij § vu [Acta sincera^ p. 143, 144) ; cfr. Euseb., Uist, eccl,^ VI, 5.

d'une immortelle couronne couvraient les vierges chrétiennes d'un puissant bouclier. La pureté de l'âme, enseignait TEglise, ne pouvait recevoir aucune atteinte des souillures imposées au corps, et fallût-il subir l'outrage, le Seigneur mesurerait la récompense à la grandeur du sacrifice \

J'ai déjà trop insisté, sans doute, sur un souvenir odieux à tous et que le génie mc^me de Corneille ne put faire accepter par nos pères ; un trait cependant se présente qu'il importe encore d'indiquer pour Tétudc des temps dont je m'occupe.

Nous venons de le voir : au troisième siècle, saint Cyprien ne montre qu'un seul rempart contre l'outrage : c'est la mort qu'il salue comme la libératrice des vierges menacées. D'un secours attendu d'en haut, il n'est rien dit; et, plus tard même, au temps de Dioctétien, Eusèbe parle de chrétiennes que rien n'a soustraites à la brutalité des païens '. Quand vient la fin du quatrième siècle, le tableau change. L'énormité même du crime fait hésiter à croire qu'il ait pu s'accomplir. Satisfait de la soumission d'Abraham, Dieu ne l'avait-il pas épargné à l'heure suprême? On ne doute pas qu'une main puissante ne se soit de môme et souvent étendue sur les chrétiennes en péril ; telle est la pensée du poète Prudence, celle de l'auteur inconnu d'un livre antique sur la Virginité', d'une série d'Actes des martyrs qui me semblent porter ainsi, sur ce point particulier, la marque d'une rédaction tardive. Une intervention divine, dont Tertullien, saint Cyprien, Eusèbe lui-même n'ont point parlé, vient toujours changer en un triomphe la scène de désespoir. Les téméraires qui ont osé lever les yeux sur les filles du Christ sont miraculeusement frappés ou arrêtés par des anges terribles. La légende couvre ainsi de fleurs un épouvantable souvenir; les païens qu'elle nous montre de même impuissants

1. s. Basil., De vera virgin.^ LU ; S. August., De Civ. Deiy I, 16 ; Epist, CXI (Victoriano), § 9, etc. ; cfr. Acta s. Tarachi, §§ VHI et IX {Acla sincera^ p. 439 et 443).

Page 1