Sentent. L. V. til. xxix
aussi bien qu'autrefois, quand vivait Tertullien ^ les hommes appelés à juger les fidèles ne se tenaient point astreints à des règles fixes.
Un mot encore avant de passer à d'autres parties de mon étude, car Thistoire des tourments infligés aux martyrs doit être envisagée à des points de vue divers.
Souvent^ dans les textes classiques, il est parlé d'accusés demeurant impassibles au milieu des tortures, et c'est à leur seule force d'âme que les anciens attribuent cette constance merveilleuse '. A voir les chrétiens supporter de même et sans faiblir d'effroyables tourments, la méfiance et de vieilles calomnies inspirèrent à leurs persécuteurs une autre pensée ; Fimpassibilité des grandes victimes leur sembla due à l'emploi de pratiques occultes. Ainsi se justifiait pour eux une fois de plus cette accusation de magie qui, dirigée d'abord contre le Christ, devait s'étendre à ses fidèles. C'est là un point que j'ai traité dans les pages qui précèdent' et qu'il me suffira de rappeler en passant,
t. Ad Scapulam, § IV, in fine.
2. Cic. Pro CluenliOy § 63 ; Siliusltal. Bell, pun, L. 1, v. 179 ; Joseph. Ant. Jud. L. XIX, c. I, § 5 ; Plularch. Vila Hyperidis, § 4 ; Tacit. Annal. L. IV, c. XLv ; Ulp. DigesL Lib. 6 XLVIII, Ut. xviii, 1. I de quœstionibus, § 23; Tertull. Apoloff, c. L ; s. August. Sermo CCLXXIV, De sanctis, in nat. mart. Vincentii .
3. Chap. Vil. Voir de plus mon mémoire intitulé, De l'ancienne croyance à des moyens secrets de défier la torture, {Mémoires de l'Académie des inscriptions, t XXXIV, i^ partie, p. 289).