‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 229 sur 307 · KT LES SUPPLICES DESTRUCTEURS DU CORPS 2H · texte numérisé non relu

KT LES SUPPLICES DESTRUCTEURS DU CORPS 2H

au nom du Seigneur. Le juge païen vit de même ses victimes. Revêtues de la stola des bienheureux, elles lui reprochèrent sa cruauté. « Tes fureurs ont été inutiles, lui dirent-elles; « ceux dont tu as voulu détruire la dépouille en ce monde « sont vivants dans la gloire de Dieu ^ »

Demander à tous les soldats du Christ une telle foi, une confiance si haute, c'était peut-être attendre de leur courage un trop grand effort. « Nul, écrivait saint Augustin, emprun- « tant une parole de l'apôtre, nul ne peut haïr sa chair. Celui K qui sait qu'après la mort les honneurs funèbres ne lui seront « pas rendus s'en attriste parce qu'il est homme. Tel est notre « instinct de nature*. » Tel était aussi, je le répète, le sentiment traditionnel; idolâtres ou israélites, les- ancêtres des chrétiens avaient pensé ainsi, et la terreur du défaut de sépulture vivait chez les enfants comme chez leurs pères. Tous ne se sentaient pas le courage de saint Tarachus, répondant à une menace du juge : « Inflige-moi tous les supplices et fais ence suite de mon corps ce qu'il te plaira ^ » Dans l'âme des plus résolus, nous l'avons vu par les saints d'Afrique, s'agitait quelquefois une crainte ; il fallait rassurer les timides et faire éclater aux yeux de tous la vertu du maître souverain, l'impuissance des persécuteurs. Telle fut, selon toute apparence, la pensée des hagiographes, empressés, nous le savons d'ailleurs, à voiler, dans l'histoire des martyrs, certains aspects douloureux et funestes*. Dieu, qui avait défendu Daniel contre la fureur des lions, les trois jeunes Hébreux contre les flammes, sauvé Jonas des abîmes de la mer, déjouait, disait-on, la rage des païens, et souvent sa main toute-puissante protégeait les restes de ses fidèles. On avait retrouvé intact dans le bûcher le corps de saint Pionius ; sa barbe même et ses cheveux n'avaient reçu aucune atteinte ; ses membres semblaient rafraî-

\, Acla 9. Fructuosi, § 3, 4, 6, 7. (Acta sincera^ p. 220, 222).

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