‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 23 sur 307 · DANS LA SOCIÉTÉ PAÏENNE · texte numérisé non relu

DANS LA SOCIÉTÉ PAÏENNE

le père repoussait son enfant converti; les frères devenaient ennemis; ce n'était pas la guerre civile, mais le combat de parents contre parents '. Ces divisions dont parle l'illustre évèque et qui, de son temps même, nV.taient pas près de s'éteindre ', TertuUien nous les montre à l'époque où la persécution était ardente, a Je connais, dit-il, un mari si dévoré de jalousie que le moindre bruit dans sa chambre le jetait en des soupçons violents. Tout changea, car la femme, jusqu'alors trop libre et trop légère, cessa de quitter son foyer : elle s'était convertie ; mais l'homme lui offrit alors de tout supporter d'elle et de fermer les yeux sur sa conduite, si elle voulait renoncer au Christ : la chrétienne lui semblait plus odieuse que la débauchée. Un père déshérita son fils qui, lui aussi, devenu chrétien, avait dès ce moment cessé de le mécontenter par ses désordres. Un maître punit son esclave précieux pour lui par ses services, mais coupable d'avoir abandonné le vieux culte » ^

A chacune de ses pages, l'histoire des martyrs met sous DOS yeux ce douloureux spectacle. Ici, c'est saint Apphien s'éloignant de ses parents demeurés idolâtres ^; saint Cyrille que son père repousse et déshérite ^, comme fera plus tard un fidèle pour son fils retournant au culte des faux dieux ^ ; c'est pour le railler qu'un païen visite dans la prison son frère chrétien condamné à mourir \ Ailleurs, c'en est un autre qui, destiné plus tard à confesser le Seigneur dans les tourments, prend en haine ses parents convertis à la foi nouvelle *.

Ainsi devaient s'accomplir, aux grands siècles des combats de l'Église, les paroles prophétiques prononcées par le

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