Tacit. Annal. I, vi. — Suet. Tiber. xxu
7. •« Monuit Liviam ne arcana domus, ne consilia amicorum, ministeria mi- « litum vulgarentur. » (Tacit. Annal. 1, vi).
8. Voir encore Tacite, Ann. XI V, lix, pour le secret gardé sur rexécution de Sylla et de Plautus égorgés de même par des soldats.
•.m REGHEIICItES
Plus loin, dans ses Annales, Tacite raconte comment, sur Tordre de iNi^ron, Vestinus fut misa mort par un médecin, sous la surveillance des soldats. Ces paroles de rhistorien peignent d'un seul trait Tiniquité de pareils meurtres, t Ce « prince, ne pouvant, dit-il, se couvrir des formes judiciaires, « eut recours aux moyens de la tyrannie *. »
(Vêtait là un mode d'exécution particulier à ceux que proscrivaient les mauvais princes ; de même que Tacite, Juvénal le présente comme une voie d*exceplion *. Sous la main mi^medes Empereurs, l'emploi des soldats à ces œuvres de sang était tenu pour chose odieuse, aussi bien qu*innacoutumée. Dans le discours à ses compagnons d^armes que Josèphe prête à Chéréas, ce dernier leur dit que, par les ordres de Galigula, ils torturent et mettent à mort ceux que la fantaisie du tyran désigne à leurs coups ; c'est là remplir^ ajoule-t-il, le rôle de bourreaux et non celui de soldats; et pourtant il est en leur pouvoir de se délivrer en tuani l'Empereur, de cette souillure abominable '. Ajoutons que longtemps avant notre ère, le gouverneur Baebius avait été condamné pour avoir employé des soldats romains à une exécution \
A l'heure donc où le but que je poursuis me mène à étudier, dans sa marche régulière, le système pénal des Romains, je
1. <• l^'itur, non criminc, non accusatorc existente, quia spcciem judicis u induere non potoral, ad vim dominationi;* conversus, Gerelanum tribuouni » cum cohorte luilitnm imniittit. » (Tacit. AnnaL XV, lxix.)
2. .Iuv(>nnl. Sal. X, v. 15-18, dit en vantant les avantages de la pauvrett' :
ïrmporibiis dirU igitur. jiipî'uqup Neronis Longinum et niagnos Senecœ prsdivitis hortos Cluusit et egregias Lateranorum obsidtt aedes Tota cohors : rarus venit in cœnacula miles ; S'il eût été dans la coutume, dans l'ordre régulier des choses, d*eroployer aux exécutions des hommes do l'armée, c'eût été le contraire qu'il eût fallu écrire. Plus nombreux, plus sollicités par le besoin à des actes coupables, lea pauvres ont, en effet, plus souvent que les riches, à redouter la venue des agents de la répression.
:{. ... IHpôv Tzxjfjx'. TOTa'JTr, rfir^ /otopLîvov vêpîi el; xi toù; noXita; xa\ toi»; Onr.x'iO'j;, Oiaxovojixsôz ooou^ôsoi xai oT;fiiot xa^r^Tx^tsc àvT\ (jTsaTi'*>Twv... jiiavojiîvoi TÔ xaO' r.aipxv aiixan i^xyTi; xxi oaaivou twv £xe:vb>v [Antiq, Jud. XIX,
4. (I A. ^ iamnatus est quod milites romanes prœbuisset ad ministe-
rium cteé Uv. XLV, 31 ; cf. 28).
n*ai pas plus à m'arrèter à de semblables violences que je n'aurais à choisir, au xvi® siècle, comme type des exécutions judiciaires j le meurtre du duc de Guise par les familiers de Henri IIP.
Depuis la renaissance des lettres jusqu'à ce jour, trois textes sontunanimementalléguéspoursoutenir l'opinion qui attribue à un détachement de l'armée le crucifiement du Seigneur: une phrase de Sénèque, un paragraphe di Tertullien, puis une loi du Digeste. J'examinerai d'abord les deux premiers passages.
Dans sa note sur le centurion dont parle l'Evangile, Grotius renvoie au livre De ira où Sénèque raconte comment un soldat condamné disciplinairement à périr, fut mené au supplice par un centurion ^ Pour prouver que Jésus a été exécuté par le bras militaire, Baronius cite un fragment du traité De corona militis, où Tertullien, afin de détourner les chrétiens du métier des armes, montre les soldats garottant, emprisonnant; torturant les coupables et les mettant à mort '. Ces rapprochements ne me paraissent pas avoir ici une valeur décisive. Chez les romains, et suivant une coutume qui a survécu, les soldats étaient châtiés et suppliciés par leurs compagnons d'armes. Nous l'apprenons par plus d'un témoignage, et, pour n'en citer qu'un, par celui de Sénèque, car le texte même qu'invoquent Grotius et tant d'autres montre un speciilalor *, c'est-à-dire un de ceux qui, dans
1. CVst là ce qu'admet avec moi M. de Hossi doat j*ai cité plus haut les paroles, (p. 318).