Lib. I, cap. xii
3. « Et vÎQcula et carccrem et tormcnta et supplicia administrabit, nec sua- M rum ultor injuriarum? » [De cor, mil. cap. xi^.
i. Les textes divers que j'aurai à citer ici et qu'il ne m'appartient pas de rJviser, emploient pour désigner l'exécuteur tantôt speculalnr^ tantôt spiculalor. La première de ces leçons se trouve dans saint Marc (vi, 27), dans Sénèque {De ira, 1, xvi ; De Benef. III, xxV), dans le Digeste (XLVIII, xx, 6), et danit Firmicus Maternus {Mathes. VIll, xxvi;. Les Actes de s. Claude et de s. Cyprien, la Vulgale traduisant s. Marc (vi, 27, s. Jérôme [Epist. I ad Innocent.) et Hufin {Uisl. eccles. lib. VI, cap. v) adoptent la seconde. La version antique des Actes de s. Tarachus traduit par spiculaior le mot aTcexovXdcrcop du texte grec. (§ 1. Acta aincera, p. 423).
•su RECHERCHES
Tarmée, reraplîssaient les fonctions de bourreau, prêt à décapiter le condamné. C'est ce cruel office que rappelle Tertullien, et certes à propos, puisque son traité met précisément en scène un speculator *. Je n'oserais donc voir dans les passages cités autre chose qu'une mention relative aux exécutions militaires. Une deuxième considération m'engage d'ailleurs à décliner ici l'autorité que Ton prête au texte de Tertullien. Nous savons par Eusèbe et par les Actes des saints que, dans le supplice, les chrétiens n'étaient point distingués des criminels ^ Or, si les soldats avaient dû mettre à mort d'autres condamnés que leurs compagnons d'armes, ils auraient eu de même à exécuter les martyrs, et Tertullien qui, dans le fragment cité, accumule à l'excès les motifs propres à écarter le chrétien du service militaire, n'aurait point négligé, comme il Ta fait, cette raison digne à coup sCir d'être invoquée tout d'abord.
Avant d'examiner le fragment du Digeste qu'allèguent encore tous les commentateurs, je dois noter un point important dans rhistoire do Vapparilio. Nous avons vu par les Verrines que sa force vive était une « manus armata et instruola. » En commentant un passage où Cicéron mentionne IVi<Ttf/<AV/5 d'un magistrat romain, le Pseudo-Asconius écrit: « Acoensus nomeii est ordinis et promolionis in militia, ut « nunc dicilur princeps, vcl commcnlariensis, aut cornicu- .* larius ; ha^c enim nomina de legionaria militia desumpta »x sunt'. » On n'a point encore, que je sache, déterminé Tépoqne à laquelle remontent ces paroles qui nous font voir, ilaU!* Vapparilio et dans l'arméo, les mêmes grades et les iwêines litres. Mais il est un autre témoignage qui porte sa date AVt^o lui» c'est le passage où Eusèbe constate que Tertullien, né \Yr* Ttt** 160, était fils d'un centurio proconsutaris\ c'est-à-
I IV corona militis, cap. i.
ka***** '*' martyr. Palaesl. VI. — Acla s. Perpel. §5. (Acla sine. p. 91)).
^' , n Verr. I. l, § 71. (Cic. éd. Orelli, t. V, pars ii, p. 179).
** 210 (Iloncalli, Velusl. iat. chron. t. I, p. 470) : « Tertullia-
^ rionis procoQsularis iilius. » (Cf. Hicron. Catal. script.
* " r^ote .M. de Valois sur le chap. XVI du livre d'Eusébe, De
SUR LES BOURREAUX DU CHRIST 3:iï
dire d'un centurion de Yapparitio\ Ce sérail, à coup sûr, grand hasard que la création de ce grade datât précisément de l'époque à laquelle nous le voyons mentionner. Il n'y a donc rien, je crois, d'illégitime à lui supposer une antiquité quelque supérieure à celle dont témoigne notre texte ; et si Ton rapproche ici les uns des autres les mots acceiism^ maaus armala el insirucia, cenlurio proconsularis^ on sera sans doute fondé à croire que la similitude des titres de l'armée et de Vapparilio, le caractère militaire de cette agence, sont choses anciennes. C'est là ce que pensait, à coup sùr^ le grand évoque d'Ilippone, puisque le passage que j'ai cité plus haut* identifie les apparitores avec les milites dont parle l'Evangile. Plusieurs siècles auparavant, Ulpien avait fait de même, alors qu'en réglant la manière dont se fera l'évincement du plaideur condamné et, pour son adversaire, l'envoi en possession, il emploie indifféremment les mots M Per viatorem aut officialum prœfecti » — « manu « ministrorum » — « manu militari » — per manum mili- « tarem » '. C'est en se fondant sur des textes de celte nature, que les plus habiles jurisconsultes ont montré dès le temps du Haut Empire le groupe des appariteurs appelé « manus « militaris » ^ ces hommes mêmes qualifiés « milites »^ et fait voir, dans l'agence des magistrats romains, des titres
laudibus Conslanlini, Comuie le montre la mention d'Eusèbe, l'office de cenlurio proconsularis, était une charge permanente, ainsi que Tétaient d^ailleurs celles de Vapparitio (Paul. Sentent. Il, i, 5). 11 ne faut pas confondre les membres de cette agence avec les soldats mis temporairement à la dipposilion du gouverneur (Plin. Epist. X. xxxu, xxxvi, etc. ; Renier Inscr. de r Algérie^ n*» 5), et que nous ne voyons nulle part remplir, comme le font les appariteurs^ le rôle de questionnaires ou de bourreaux.
i. Nous trouvons de mAme dans d'autres textes Vapparitio elles appariteurs désignés par des expressions semblables d celles qu'emploie ici Eusèt)e : « ofû- « cium procousulare, viator, consularis, tribunitius viator, scriba œdilitius, « scriba qmestorius, prresidialis apparitor, praefcctianus adparitor, » etc. (L. 3, De apparit. procons. Cod. Just. Xll, o6. Gruter, 626, 1 ; 627, 2. Val. Max. IX, 1. Cic. Pro Cliienl. xiv. Muratori, Inscript. 1096, 1. Amm. Marc. XVII, m.)