‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 288 sur 307 · H LB8 MARTYRS DE LT^XTRÉME-ORIENT · texte numérisé non relu

H LB8 MARTYRS DE LT^XTRÉME-ORIENT

sert à changer le plomb en argent. Un soldat qui les a joués on a eu la preuve certaine ; comme il feignait d*agoniser, il a vu Tun d*eux s'approcher avec un couteau pour lui arracher les yeux ; il s>st levé subitement et il a tué le misérable. Les femmes qui s'agenouillent aux églises devant les prêtres, reçoivent une pilule enchantée qui les jette dans une fureur hystérique. Voilà les actes de ces gens d'Europe issus du mulet ou du chien dont leurs traits reproduisent la figure ; ils ont une puissance redoutable et savent^ quand il leur plaît, s'élever dans les airs*. Attendre pour les frapper serait un crime contre la religion, contre le pays. « Que les sages, « écrit-on, prennent garde ; le mal deviendra de plus en plus « fort. On lit dans le livre des poésies : Voyez la neige qui « tombe y tout-à^Vheure ce n'était qu'un brouillard. Et encore : « La grue se change enJiibou, Il s'élève encore maintenant M des brouillards de la mer, il faut donc veiller avec plus de soin ». Qu'on tue les hommes de cette race et qu'on déchire leurs cadavres pour les empêcher de ressusciter, comme ils le savent faire par magie; qu'on égorge les mandarins faibles ou traîtres qui les protègent.

Ainsi concluent tous les libelles qui ont causé, il y a peu d'année, les atroces massacres de Tien-Tsin, l'assassinat de M. Mabileau, pro-vicaire du Su-Tchuen, en 1869, la mort do M. Rigaud et enfin, plus récemment encore, celle d'un jeune missionnaire, M. Hue.

Il n'est pas jusqu'aux plus nobles actes qui ne servent de ])ases à des calomnies ; nulle part mieux que dans ces pays lointains ne se montre la tendance du vulgaire à chercher, pour ce qu'il ne peut concevoir, les plus étranges explications.

Si les chrétiens, affirmc-t-on, refusent malgré Tordre des jiiiçes, de fouler aux pieds la croix, c'est qu'ils perdraient, en le faisant, toutc^ leur puissance magique. Cette constance

et Corres/tondancr de J. Th. Vénard, pré Ire de la Société des Missions *s, déciipilé jtour la foi au Tong-King, 3« éd., 1870, in-18 : Libelles

un Ire les chrétiens.

dans la torture qui frappe d'étonnement les païens, n'est pour eux qu'une vertu communiquée par des pilules enchantées ; les rapports officiels des mandarins et les édits des princes Tattestent également '. Lorsqu'un néophyte à genoux reçoit du prêtre cette drogue qui ensorcelle, il cesse de s'appartenir. A rinstant se forme dans son corps une petite tîgure humaine. Cet être bizarre, né de Teucharistie, n'est autre que la Vierge, mère de Dieu. C'est là le démon qui retient le chrétien dans sa folle croyance et qui Tempêche de défaillir ; il lui donne h la fois Tobstination et l'insensibilité dans la torture.

Telles sont encore les fables accréditées par les libelles populaires, écrits infâmes el obscènes dont les traductions ne peuvent être publiées ; et celui des Faiis authentiques, long recueil d'anecdotes, l'un des plus lus de tous, cite un médecin habile qui ayant pu se délivrer du redoutable pygméc, reçut de la bouche d'un prêtre chrétien la révélation de ces secrets.

J'ai dit que les idolâtres attribuent aux Européens Tart magique de s'élever dans les airs. En 1856, à Kouang-Si, une femme indigène, Agnès Tsaou-Kong, est amenée devant le mandarin. C'est une humble veuve chargée d'instruire les enfants et les femmes. On l'interroge rudement :

» Qu'es-tu venue faire ici », lui dit le magistrat chinois?

— « Il y a deux ans répond-elle, un grand nombre de « femmes de ce pays ayant embrassé la religion chrétienne, << j'étais venue pour leur apprendre à prier et à servir Dieu.

— « Pourquoi leur apprends-tu à voler comme des « oiseaux?

— « Je ne leur apprends pas à voler, mais à prier. Le « mandarin voit bien que c'est là une calomnie inventée « contre nous ^ »>

Dans un des rares paragraphes qui puissent être placés

1. Vie du vénérable serviteur de Dieu, P, Dumoulin Borie, évéque d* Acanthe , 1846, in-18, p. 238.

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