Digest. L. I, De colleg. et corpor. (XLVII
7. Digest, L. 1, § 1. Ad legem Jul. majest. « Majestatis autcm crimen illud » est quo cœtus conventusvc fiât. » (XLVllI, 4).
8. Plin. Epiêt. X, 97 : « Quod essent Roliti, statio die, ante lucem conve- » nire "; Minut. Fel. Octavius, VIIl : n Nocturnift congregationibus »; Tertull. Ad uxor. II, 4 : «c Quis nocturnis convocationibus, si ita oportucrit, a latere » suo eximi libenter feret? Quis denique solemnibus Paschœ obuoctantem » securus sustinebit? » De corona militis^ \\l : « Antclucanis cœtibus m ; De fuga in persec. XIV : « Postrcmo si colligere interdiu non potes, habes noc-
nr> n.vsKs jiridioues des poursuites
sutiisaient à appeler sur eux ce double chef d*accusation. Tel était le nœud de la poursuite ; et Ton serait tenté de le penser^ rien qu'à voir les meilleures années dont ait joui TEglise primitive correspondre aux règnes des princes qui écartèrent ou modérèrent Taccusalion de majesté : Vespasien ', Titus ', Ncrva \ Trajan *, Pertinax % Macrin *, Alexandre Sévère^ et Tacite ^ Mais, si bien appuyé que ce fait me puisse paraître, il m'est précieux de le voir nettement attesté par un jurisconsulte du III'' siècle.
« Vous nous reprochez, dit TertuUien aux idolâtres, vous » nous reprochez de ne pas adorer les dieux, de ne point » sacrifier pour les Empereurs. A coup sûr, nous n'offrons » de sacrifices pour personne, puisque nous ne le faisons pas » pour nous-mêmes, et que^ d'ailleurs, nous ne reconnaissons » pas vos dieux. Voilà pourquoi nous sommes poursuivis » comme comme coupables de sacrilège et de lèse-majesté, » C'est là le point capital de notre cause, ou, pour mieux » dire, elle est là tout entière '. »
» lera »» ; cf. Declam. in Catil. c. xix (ci-dessus, p. 55, note 1) ; Cic.De legib.ll, 9: Paul. Sentent. V, 23, 15. Les chrétiens eurent plus tard à poursuivre de même les païens pour réunions nocturnes (Zozime, IV, 3; Cod. Theod. L. 7. De raalef. (IX, 16); L. .i. De pagan. iXVl, 10).
1. Dio Cass. LXVI, 9 : Tâç ypaçà; ràç iwi Toiouroi; syxXirîiioKn xavaXuwv. Eutrop. VII, 13 : « Placidissimœ Icnitatis ut qui raajestatis quoquc contra se » reos non facile puniret ultra exitii pœnain. » Cf. Suidas, v» Bsvicavtavi;.
2. Dio Cass. LXVI, 19 : Td; te 5ixxç Taç tr,; à<T£6£ix; ovt' avtéç icoxs êoi^aro, ovt' àXXoi; 6itéTpî'{/ev.
3. Dio Cass. LXVllI, 1. ToC; te xpivopLévouc iic' âoeSscx àfTjxe. Voir sur ce passage, dont la signification est controversée, les notes de Tédition de Sturz, t. VI, p. 597; Tilleul. Hist. des Emp. T. II, p. 137; et De Rossi, Bull, arch, crisl. Décembre 1865, p. 94.
4. Pliu. Panegyr. XLIl : « Hujus tu nietum penitus sustuUsti. » H ne sera pas hors de propos de rappeler ici que Trajan n'est compté comme persécuteur ni par TertuUien [Apolog. V), ni par .Méliton (Euseb. //. E, IV, 26), ni par lauleur du De morlibtis perseculorum (c. II l et IVL
5. Capitol. In Perlinac. VI : «« Quiestiouem majcstatis penitus tulit. »
6. Dio Cass. LXXVIII, 12 : To'j; x' ttC omz^tii Ttvt, oia ys ifj iaiSuoL «utti. r^ £; Tij; a'noxpat^pa; Xifirat yi'^zdb a, xiixcopiav Tivà £(j,'5*ov (o^XY^xira;, ànaXXdÇi; T^; xxtxÎ'.xt: xai toj; syx 'Xovfiivou; tc toioOtov àiCïXvo'ac.
7. Cod, Jusl. L. I, ad leg. ju^t. majest. (IX, 8) : « Majestatis crimina cessant » meo sîBculo la» 2J4) ; cf. L. 2, Do rebu^ crédit. (IV, 1).
8. Vopi<>c. In TacU. IX : « Cavit ut servi in dominorum capita non interro » garentur, m in cau^ majestatir* quidt*ra. »»
9. Apolog. X : « Nunc de manifestioribus dicam : deos, inquitis, non coli- >» tift et pro Imperatoribus sacriûcia non penditis. Sequitur ut eadem raUone n pro aliiâ non sacriûcemud, quia nec pro nobis ipsis, semel deos non
Tel est le témoignage précis que nous offre le docteur africain; et il ne s'agit point, dans ce passage, d'un de ces entraînements de la plume qui emportent parfois l'écrivain au-delà de ce qu'il voudrait dire. Les mots que je viens de rappeler servent de base à deux grandes divisions de l'Apologétique; dans une première partie, Tertullien discute l'accusation de lèse-majesté, puis après, celle de sacrilège ^ et ce même système reparaît dans sa lettre à Scapula ^
Des écrits si précieux fussent-ils perdus pour nous, les Actes des martyrs suffiraient seuls à nous apprendre quelles furent les bases des poursuites dirigées contre les premiers fidèles.
C'est le majes/atis sacrilegium que vise la sentence rendue contre saint Symphorien ', et, pour ne citer que des textes qui m'inspirent toute confiance, les martyrs Scillitains sont condamnés comme ayant refusé de rendre à l'Empereur les honneurs religieux *; Pionius, pour s'être montré, dit le proconsul, sacrilegœ mentis^; et nous lisons dans le jugement qui frappa saint Cyprien : « Tu as vécu de longues années » dans l'esprit de sacrilège; tu t'es fait le chef d'une conspi- » ration ; tu t'es déclaré l'ennemi des dieux de Rome et de » ses lois sacrées *. »
Que la mort des martyrs ait été celle des malheureux cou-
• coleodo. Itaque sacrilegii et majestatis rei convenimur. Summa haec causa, » immo tota est »