L ACCUSATION
c'était conduire encore les païens i leor conclusion accoutatumée. Le pouvoir de violenter les dieux d'en haut était aussi, selon les idolâtres, un privilège de la magie *. Ceux donc qui. par des armes surnaturelles, s'attaquaient à la possession, étaient, dans la persuasion commune, des misérables voués aux pratiques occultes, et la puissance dont se vantaient les premiers fidèles ne pouvait que répandre contre eux le terrible soupçon de maléfice '.
Les chrétiens priaient en se tournant vers l'orient; ils fêtaient le dies sotis et, Tertullien le dit, les persécuteurs voyaient dans ces deux actes la marque d'un culte rendu au Soleil '. Une autre circonstance aiïermissait peut-être cette croyance. L'un des textes de l'Écriture les mieux connus par les gentils^ c'était le passage de l'Exode, si souvent allégué par les martyrs : Qui immolât diis accideiur, prxierquam Domino soli ^ A entendre ces mots, les païens pouvaient se souvenir d'une formule courante dans leurs textes, dans les légendes de leurs médailles et de leurs marbres : Dominas Soi^ et, nous l'apprenons de saint Augustin, le verset répété par les iils de TÉglise semblait en eiïet à plus d*un ordonner des sacrifices au Soleil*. Prier en regardant rorienl, adorer Hélios^ c'étaient encore là des traits de
1. Quiutil., Declam. X, § 7 : « Magum... cujus horrido murmure, imperio- «< sisque verbis dii supcri manesque torquentur •. § 19 : « Ai tu, cujus in •< leges dii superi manesque torquentur »>. Cf. Luc, Phars., VI, ▼. 492 et suiv. ; Claudian., In Rufin. I, v. 149.