L ACCUSATION DE MAGIE
mains de saint Pierre ^ d'autres tableaux moins durables et qui ne nous sont point parvenus, n'étaient pas faits, à coup sûr, pour dissiper le soupçon conçu par les païens, et peutêlre ont-elles contribué, je le répète, à affermir, chez ces derniers^ l'idée bizarre qu'ils se faisaient des fidèles.
Il en est de même d'un autre sujet souvent reproduit. Je veux parler de la scène mentionnée par saint Augustin et dont le type, autrefois fréquent dans les fresques, nous est conservé par les bas-reliefs des sarcophages, les mosaïques et les verres gravés ou peints sur fond doré. C'est celle où l'on voit le Seigneur remettant à saint Pierre, et quelquefois à saint Paul, le volumen de la Loi nouvelle '. Le Christ avait, au dire des païens, composé et laissé aux princes des Apôtres des traités de magie. Ce rouleau déployé qu'ils reçoivent de ses mains, c'était, pensait-on, le livre contenant le secret de ses miracles et remis à ses continuateurs comme un écrit à leur adresse, tanquam epistolari titulo prœnotatum, « Ils ont bien mérité, ajoute l'illustre » Père, de devenir le jouet d'une erreur, ceux-là qui veulent » s'instruire des choses du Christ et de ses Apôtres par les » peintures murales au lieu d'en chercher la connaissance » dans l'étude des saintes Écritures *. »
pi. VIU ; pour Moïse, Bosio, p. 57, 87 ; Etudes sur les sarc. d'Arles, p. 50 ; Les sarc, chr. de la Gaule, p. 109, 134 ; Garucci, Vttri, pi. II, n« 10, pi. X, n«> 9.
1. Garucci, Velri, pi. X, n» 9 ; cf. Boltari. ScuUure e pitture délia Roma sotl.^ pi. LXXXV ; De Rossi, Bull, arch, crist. 1865, p. 69 ; Les sarc. chr. de la Gaule, p. 132.
2. Garrucci, Velri, 2« édit., p. 85 ; Sloria dell'arle crisliania, pi. 327, 328, 330, etc. De Rossi, Bullell. 1868, p. 39; Mantz, Mosaïques de l'Italie {Revue archéol. 1873, p. 27i et 285) ; Les sarcophages chrétiens de la Gaule^ pi. XII, Ll, LVl. C'est ordinairement saint Pierre qui reçoit le volumen de la loi. Sur un sarcophage de Ravenne, c'est à saint Paul qu'il est remis par le Seigneur (Garrucci, Sloria^ pi. 346, n» 2).