‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 87 sur 307 · Pbilast. XXXVI. Cf. aem. Alex. Stromat. IV, iv · texte numérisé non relu

Pbilast. XXXVI. Cf. aem. Alex. Stromat. IV, iv

« non point à celte réunion de dieux que tu repousses *. » D'autres magistrats se montraient plus faciles encore : à saint Philéas, qui refusait d'adorer les divinités de TOlympe, le juge disait : a Puisqu'il en est ainsi, sacrifie donc au Dieu ce unique *. » De semblables invitations avaient leur raison d'être et leur valeur ; plus d'un chrétien eût accepté la vie dans les conditions offertes à Tarachus, à Philéas. Quelquesuns, en effet, tenaient les noms pour chose insignifiante, parce qu'ils étaient d'invention humaine. A leurs yeux, il importait peu de dire : J'adore le Très-Haut, ou j'adore Jupiter ; le sentiment intérieur faisait tout '. Origène condamnait une semblable pensée: « Pour moi, écrivait-il, je défends les « chrétiens qui refusent, au prix de la vie, de donner à Dieu « le nom de Jupiter *. »

L'Evangile même, cette règle de toute chose, comme le disait un Père africain ^ était invoqué par plusieurs pour autoriser la faiblesse devant la persécution. « Le Seigneur, « répétait-on, en a donné l'exemple alors qu'il s'écriait : « « mon Père, que ce calice s'éloigne de moi ! » Si donc Jésus a « ressenti du trouble à l'approche de sa dernière heure, qui « pourra demeurer inébranlable * ? »

Que Ton joigne aux faiseurs de systèmes, armés de subtiles paroles, les lapsi dégradés par leur chute et qui cherchaient à entraîner ceux dont le courage rendait plus éclatante la honte de la défection \ et l'on comprendra la puissance de l'assaut dirigé de toutes parts contre la constance et la foi.

Ce que lit l'Église, en présence des faiblesses de la chair,

Page 1