‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 89 sur 307 · Bpitl. LYl, Ad Tlûbaritonoi, g · texte numérisé non relu

Bpitl. LYl, Ad Tlûbaritonoi, g

LA FRÉPàRATiON

xÊ i-y^-fxrr... dil la lelire encyclique *• en parlant de ces chrétiens qui, instruits el fortifiés de nouveau, devaient bienïôi apprendre à confesser le Seigneur *. Alhlèle ou soldat de Dieu, car quelquefois au«si la mélaphore esl empruntée aux choses de la guerre. le fidèle, quand arrivait l'heure de la persécution, devait être armé el préparé. "ETct^Asç zzi e?iit -zp'oz T,xni, ^ipun zx BrXjt zzZ e£s5, répondait un mariyrau gouverneur * ; saint Cyprien avait écrit de même : « Ad cer- <« tameu quod nobis hostis iudicit. armati et parati simus \ »

Tel était le but que, dans sa sollicitude, poursuivait ardemment l'Église, multipliant, pour entraîner les âmes, les encouragements et les promesses.

Le prix du martyre, enseignait-on, était immense. Salomon, David, l'avaient dit au nom du Seigneur, et Jésus-Christ Tavait répété lui même '. Le ciel qui, selon quelques-uns, devait rester fermé pour tous jusqu*à la consommation des temps, s'ouvrait sur l'heure pour les saintes victimes. Les mains des anges les portaient vers l'Orient, el devant elles s'étendait un jardin resplendissant de fleurs, ombragé de rosiers gigantesques. La chair des bienheureux, devenue immatérielle et diaphane, laissait voir la pureté de leurs cœurs. Une atmosphère de parfums les entourait et leur donnait la vie. A leur entrée, la troupe des Séraphins les accueillait avec des cris d'admiration et de triomphe. Puis, dans un rayonnement immense, au milieu d'une large enc(iinte aux murailles faites de lumière, leur apparaissait le divin Maître, tel que saint Jean lavait rêvé. Ses cheveux étaient blancs comme la neige et ses traits étaient ceux d'un j(Min(î homme. Les martyrs le saluaient par un baiser, et, au toiKîher do sa main , leurs âmes s'emplissaient d'une allégresse inconnue.

1. Kiiscl». If. K. V, I. Ciccron dit de mt^me, en parlant de certains athlètes

«• |Mi;/il.'s ini'M.Tcitati •». [De clnris oral. LXIX).

2. \\ i\ c|i.'/vOzvov vi.'/Aoyeiv (Kuseb. loc. cit.), :i. Arlii s. T.ir.irlii, ji -i \Acla sine. p. .436).

S. Kpisf. Ijy ad Cnrnrliuui, De lapsis, § 1.

fi. S. Cypr. i'iifi. mavt. XII ; Testimon. 111, 17; Clem. Alex. Strom, IV, ix,

C'était ainsi que, dans leurs visions, les saints entrevoyaient les joies du paradis et ses splendeurs *. Lus à TEglise, comme rÉvangile même, leurs Actes publiaient ces merveilles et fortifiaient les cœurs mal affermis ^

Il était encore, pour les martyrs, un autre prix de la constance. Si haute que fût la récompense promise, les fidèles ne voyaient pas tous, sans le secret frémissement dont témoigne l'Apocalypse \ la cruauté des idolâtres. « S'il nous était « permis de rendre le mal pour le mal, leur disait Tertullien, « une seule nuit et quelques flambeaux, c'en serait assez pour « notre vengeance*. » Elle était dans le cœur de plus d*un, cette pensée que le fougueux apologiste indique tout en la repoussant. « J'en sais, écrivait saint Cyprien, j'en sais un « grand nombre qui, sous le poids des maux et des violences, « aspireraient à se venger sur l'heure. Qu'ils n'en fassent « rien, car le Seigneur a dit : Attendez mon jour ; je rasscm- « blerai les nations et les rois et je les accablerai de ma « colère. Ce jour paraîtra comme un goufTre de feu, et « les méchants seront consumés comme la paille *. » Vingt textes saints promettaient cette justice. Le Deutéronome, les Proverbes, Salomon, Malachie, Sophonie, le Psalmiste, Isaïe, le Livre des Machabées, le grand saint de Pathmos l'annonçaient, en ordonnant délaisser venir l'heure de Dieu ^. « Notre « patience, écrivaient les Pères, nous vient de la certitude « d'être vengés ^ ; elle amasse des charbons ardents sur la « tête de nos ennemis •. Quel grand jour que celui où le

1. Acte s. Perpel. § 11, 12, 13; Acta s. Montani, § 11 lAcla sincera, p. 98, 99, 233). Cf. Apocal. c. i, et Mémoires de la Mission archéologique française au Caire, t. IX, p. 143, 144.

2. Conc, Carthag. UI, xlvii ; Mabill. Liiurg. gallic, p. 20, 21, 39, 385, 405, 407, etc.

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