‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 91 sur 307 · TertuU. De fUga, XII · texte numérisé non relu

TertuU. De fUga, XII

a Très-Haut comptera ses fidèles, enverra les coupables aux a enfers et jettera nos persécuteurs dans Tabime des feux « éternels *. Quel spectacle immense, quels seront ma joie, « mon admiration et mon rire ! Que je triompherai à con- « templer, gémissants dans les ténèbres profondes, avec a Jupiter et leurs adorateurs, ces princes, si puissants, si « nombreux, que Ton disait reçus au ciel après leur mort! Quel transport que de voir les magistrats , persécuteurs a du saint nom de Jésus, consumés par des flammes plus « dévorantes que celles des bûchers allumés pour les chré- « tiens *. »

Tel était le spectacle réservé à la foule des fidèles ; mais ceux qu aurait sanctifiés le martyre devaient, de plus, avoir leur part dans ces actes de Téternelle justice. Aux jours de lutte de l'Afrique chrétienne, pendant ce repas libre que les païens concédaient à ceux qui devaient mourir, Tun des compagnons de sainte Perpétue disait à la foule curieuse : a Regardez-nous bien tous au visage pour « nous reconnaître au jugement dernier '. » Siéger au tribunal du Christ et juger avec lui à cette heure redoutable, c'était là, en effet, un privilège réservé aux héros de la foi *. Devant eux paraîtraient nus et tremblants ces magistrats impies qui leur avaient fait souffrir tant de maux, et le martyr, au milieu de ses angoisses, s'affermissait encore par cette pensée ^

Malgré les promesses d'en haut, malgré les saintes ardeurs d'une foi sans bornes, de secrètes terreurs, cependant^ agitaient les plus résolus. La force ne leur manquerait-elle pas au milieu des tourments ? Leur constance dans la torture demeurerait-elle inébranlable? Des Actes africains, précieux

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