‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 92 sur 307 · S. Cypr. Exhort. mari, c. xi et xii · texte numérisé non relu

S. Cypr. Exhort. mari, c. xi et xii

entre les autres, puisque leur simplicité naïve montre plusieurs fois, chez les martyrs, en môme temps que.raspect héroïque, le côté humain et réel, racontent ainsi une vision de saint Flavien : « Il me sembla que j'interrogeais notre évêque « Cyprien, le premier qui eût été immolé avant nous pour le « Christ. Je lui demandais si le coup de la mort causait une « grande douleur. Appelé au martyre, ie m'inquiétais de « savoir ce que j'aurais à endurer. Il me répondit : Lorsque « Tàme est toute dans le ciel, la chair qui souffre n'est plus « la nôtre ; le corps reste insensible quand Tesprit est en « Dieu *. »

Cette pensée, les termes mêmes qui l'exprimaient, étaient de tradition chez les chrétiens d'Afrique ; soixante années auparavant, TertuUien disait : « Les tortures nous trouvent « insensibles lorsque Tàme est toute dans le ciel *, et, vers le même temps, sainte Félicité proclamait que, dans l'amphithéâtre, le Seigneur serait en elle pour souffrir à sa place \

Partout et toujours, je trouve la même confiance. Depuis le célèbre martyre de Lyon, où « le Christ souffrit pour Sanctus * », jusqu'à ce temps des dernières poursuites où saint Théodoret disait : « Non sentie, quia Dominus mecum est^ » les Actes des saints nous montrent les idolâtres déchirant des chairs devenues insensibles par une grâce d'en haut. Une source d'eau vive, écrivait l'Eglise de Lyon, s'échappait du flanc de Notre-Seigneur, apportant au fidèle le rafraîchissement et la force ®. Un martyr racontait que, pendant la torture, un jeune homme l'assistait, essuyant d'une étoffe blanche la sueur de son corps, et lui versait une eau fraîche et réparatrice : « J'en ressentais, disait le chrétien, une

1. Passio 8. Montani, § 21 {Acia sine. p. 237) : « Alia caro patitur, cum « anima in cœlo est. Nequaquam corpus hoc sentit cum se Deo tota mens • devovit. »

2. Ad marlyras^ c. ii. « Nil crus sentit in nervo, cum anima in cœio est. »

3. Passio s. Perpet. § 15 [Acla sine. p. 101) : a Illic autem alius erit in me « qui patietur pro me^ quia et ego pro illo passura sum. »

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