‹ Les perversions l'instinct génitalChapitre 8 sur 21 · I.’ INVERSION SEXUELLE · texte numérisé non relu

I.’ INVERSION SEXUELLE

très obscure. Il s’adressa alors à//. Zschocke, qui écrivit une nouvelle dans laquelle une jeune fille, déguisée en garçon, allumait une passion violente chez un homme. Mais il est évident que le célèbre nouvelliste ne comprit pas les intentions de Ilccssli, et c'est alors que celui-ci écrivit son livre, En 18 i4, Kaan publia un travail (Psychopathia scxualis) où ' étudiait la pédérastie et l'onanisme, mais plus particulièrement ce dernier penchant.

En 1847, Brierre de Doismont, Michéa et d’autres auteurs signalent plusieurs cas de perversion sexuelle en France. En 1 8 40 Michéa attira l'attention sur l'amour homosexuel à l’occasion d’un cas de violation de cadavre. En 1852, Casper a fait plusieurs communications sur la pédérastie, dans le journal qu’il rédigeait. Il insiste principalement sur ce luit que cet état est souvent congénital, et que ce n’est pas toujours l'immissio membri in anum qui satisfait les désirs. D’autre part, il montre que parfois il s’agit de manifestations ducs à la décadence des mœurs. Casper donne en même temps toute une série de documents fort intéressants et des biographies d’uranistes. Une affaire de pédérastie où Casper fut appelé à titre d’expert eut alors un grand retentissement ; l’accusé principal était un comte que Casper désigne sous le nom de comte Caïiis. Le même auteur a encore réuni certains matériaux dans ses IVouvelles Cliniques. Vers la même époque nous voyons, en France, Tardieu publier un ouvrage ' sur la pédérastie. Il parait avoir acquis, en l'espèce, une grande expérience, et avoir observé un nombre considérable de faits.

A côté des auteurs dont nous venons de rapporter brièvement les travaux, il faut encore citer Schopenhaucr qui connaissait aussi les perversions sexuelles. On sait que, pour ce philosophe, tout, dans le monde, a un but déterminé, et, d’après

* Btado médiço-lt^gale sar les attentats aux mœurs... 5* édit., Paris, 1867.

L INVERSION SEXL'IXEE

lui, ce but existe aussi dans la pei-version sexuelle dei vieillards. Comme ceux-ci ne procréent, en général, que des en ants faibles, la nalurc leur a donné, d’après ÿclio/tenhauer, des penchants, non pour la femme, mais pour l'iiumine, alin de s’opposer à la dégénérescence physique da genre humain Aussi, dans son livre : « Le monde comme volonté et comme représentation, » ne trouve l-il guère à la pédérastie que des avantages.

Vers 18'i0, l’attention fut attirée sur un auteur qui publia une série de travaux sur les perversions sexuelles, d’abord sous le pseudonyme de € Numa Numantius », ensuite sous son vrai nom de Cari lleinrich Ulrichs C’était un assesseur d'Etat qui s’était acquis une certaine réputation par d’autres travaux. Comme nous l’avons déjà dit, dans le chapitre précédent, c’est à lui que nous devons le terme d’Uraniste qu’il introduisit dans la science. Ses écrits avaient pour but l’étudede l’iiranismo et sa justification. Il demandait notamment l’abrogation do tous les articles de lois qui ont trait à l’amour entre hommes. Pour lui cet amour devr.ait être aussi libre que l'amour entre l’homme et la femme, et la loi ne devrait intervenir pour le premier que dans les conditions où elle le fait pour les rapports sexuels normaux. Les travaux A'Ulrichs sont remarquables à nombre do points de vue. .\insi que le déclare Chevalier, il a été pendant de nombreuses années seul à envisager scientifiquement la question des perversions sexuelles. Il est certain qu’il v.i beaucoup trop loin dans ses conclusions ; c’est ainsi qu’il demande que le mariage entre hommes soit autorisé au même titre que le mariage entre l’homme et

* partisan (ldcid>‘ des Guelfes, fut, après l'annoxion du Hanovre,

el iniernè, pour des rai<(ons d’ordre poliliqiia, à Mindoii. Pontlant le transport, tous ses papiers furent confisqués. Parmi ces papiers se trouvaii^nt •usai 1rs d'urani'U'S de plusieurs grandes villes. La liste de Berlin comprenait 1f*0 noms parmi IcsqnoN se trouvaient, d'après GlrtcUs, un grand nombre de personnes occupant des situations très élevées.

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