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Ramusio, mort en 1557, assure qu'on donnait de son temps au Canada le nom de Nouvelle-
Jean Alphonse, dans son Routier fait en 1542, laisse entendre que la dénomination de Nouvelle-France était tout récemment imposée au Canada
, “Toute l'étendue de ces terres peut avec raison être appelée la Nouvelle-France, car Lair y est aussi tempéré qu'en France, et elles sont situées dans la même latitude :.”
Dans l'Histoire notable de la Floride située es Indes Occidentales, publiée à Paris en 1586, par Basanier, nous lisons :
Je la (l’Amérique) diviserai pour. plus facile
intelligence en trois principales parties, celle
qui est vers le pôle Arctique ou Septentrion; est nommée la Nouvelle-France, pour autant que l’an 1524, Jean Verrazano, florentin, fut
premier, par madame à
-. quelles il prit terre et découvrit toute la coste : * qui est depuis le tropique du Couar, à ega voir depuis le 28e degré jusques au cinquantième ; . encore plus devers le nord. Il planta en ce 5 pals les enseignes et armoiries du Roy de France
Noutier, p. 86.
de sorte que les Espagnols mêmes qui y furent depuis ont nommé ce Pays terre fran e.
Elle s'étend donc en latitude depuis le 25e degré jusqu’au 54e vers le septentrion ; et en longitude depuis le 210e jusques au 3306.“
D'ailleurs, quand bien même les témoignages . de Jean Alphonse, de Champlain, du Père Biard, de Rocols et de Basanier ne détruiraient pas l’opinion de Charlevoix, nous aurions Faffirmation même de Jacques Cartier qui nous dit qu’en 1534 le Canada était désigné sous le nom de Nouvelle-France. Sa relation de voyage, imprimée à Rouen en 1545, chez Raphaël du Petit Val, est intitulée : Dissours du Voyage’ foit par le Capitaine J. acques Cartier a Terres Neuves de Canada, Norembergue, Hochelage, Labrador, et Pays adjacents, dite Nouvelle. 4 France. Dans la relation de son deuxième voyage, le découvreur malouin va encore plus loin. II nous apprend, en parlant, selon sa cou tume, à la troisième Personne, qu’il a donné : 4 lui-même le nom de Nouvelle-France au Canada :
Enfuyt le langage des pays et Royaulmes A de Hochelage et Canada, autrement appe'ée par nous la Nouvelle-France 1.” +
Brief récit et succincte narration, p. 47.
1 Comme on le voit par ces citations, l’appellaà Le Nouvelle-France est bien antérieure à + 6 hamplaint rc
Les portraits de Jacques Cartier
Les portraits de Jacques Cartier qu’on nous donne dans les livres qui traitent de la vie du na vigateur malouin ou de l’histoire du Canada sont-ils bien authentiques ? 5 |
Le portrait le plus connu de Cartier est la peinture à l’huile de Riss. Cette œuvre se trouve à l'hôtel de ville de Saint-Malo, la ville natale de Cartier. ee
Cartier est représenté en demi-grandeur, le bras gauche reposant sur le plat-bord de sa ca-
ravelle, la main: soutenant le menton, la tete Coïffée d’un bonnet breton capitonné, la robe flottante, serrée à la taille et ceinte d’une épée du d’une rapière, le regard fixé attentivement | sur l’immensité des mers inexplorées, la main … droite appuyée sur la hanehe.
4 Le pl
C'est le portrait de
voit dans la plupart de nos livres, anglais ou |
français, qui traitent de l’histoire du Canada 2
Dans l'édition Tross de la Relation originale
du Voyage de Jacques Cartier en Canada, en 1534,
publiée à Paris en 1867, on reproduit la tête de Cartier en médaillon sur la page-titre, C’est une reproduction mais retouchée et peu réussie du portrait de Riss. :
Dans le même ouvrage, dans la note sur le manoir de Jacques Cartier, on donne un autre portrait de Cartier. C'est le visage d'un
homme d'une soixantaine d' années au moins.
On dit que cette gra vure se trouvait dans la sec-
tion des estampes de la Bibliothèque Natio-
nale à Paris. On doute de l’authenticité de b
cette gravure.
Dans la carte de l'Amérique du Nord par Vallard, faite vers 1543, on représente le dé-
barquement de Cartier et de son équipage par-
mi les Indiens de Gaspé. Cette carte est re:
Dans l'édit the New World, du portrai Saint-Malo.
plus fidèle de l'œuvre de Riss.
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•j—F UFR RSE
produite dans l’ouvrage de M. J.-G. Kohl,
History of the Discovery of Maine (1869). Mais il est évident que le portrait de Cartier ici est
de convention et n’a aucun caractère d’authen:
ticité. -
En somme, il n’est pas prouvé qu' aucun des portraits connus de Cartier soit authentique: Toutefois, disons que le portrait de Cartier par Riss, reproduit par Hamel et popularisé par nos ouvrages canadiens, est généralement considéré comme authentique. Si cela peut nous consoler. 5
Le Petit - Canada
Lors du premier voyage de Champlain dans la Nouvelle-France, en 1603, Bechourat, saga-
mo montagnais résidant à Tadoussac, donna son fils à Pontgravé pour l'emmener en France.
C'est sans doute ce jeune Montagnais qui fut tenu sur les fonts baptismaux, le 9 mai 1604, par Alexandre de Vendôme et sa sœur, enfants
de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées,
: de Cartier une excellente étude dans la Revue Canadienne, année -
Privé de sa liberté, le fils du sagamo Bechourat ne tarda pas à tomber malade. On le transporta au château de Saint-Germain, où un appartement lui fut donné. = +}
C'est dans ce même château que madame de Monglat élevait le fils de Henri IV, alors âgé de quatre ans, et qui devait être, quelques années plus tard, Louis XIII. .
Le médecin de ce jeune prince, Jean Héroard, a tenu un journal de ses actions, jour par jour, depuis sa naissance jusqu’à ce qu’il eut atteint. l’âge de vingt ans.
A la date du 23 mai 1604, nous lisons dans le Jour- de Héroard :
‘À + ait heures levé, bon visage, gai, vêtu, il avale (met) ses bas de chausses disant : Voyez la belle jambe. A neuf heures et demie, déjeûné sur la fenêtre du préau ; il voit des hommes qui passent, leur crie : Bonjour, Messieurs, je m en vais boire à vous. A six heures, il voit en passant le Petit-Canada à la fenêtre, malade, il lui fait porter de son potage.”
Le Petit-Canada dont il est question ici, c’est le sauvage amené de Tadoussa= par Pontgravé.
Une semaine plus tard - 1 mai, Héroard écrit : 3 Levè contre son gré par Mme de Monglat;
il tenoit des verges, lui en donne un bon coup
sur le visage, ne veut point de Mme de Monglat, s’y opiniâtre, en est fouetté. Il envoie à diner à Canada.”
I faut croire que le dauphin avait de l’affection pour le Petit-Canada, car le 10 juin il lui envoie encore porter quelque chose.
„M. de Vendôme (son frère) arrive, note ce jour-là Héroard, se met auprès de lui, à la main gauche ; il le repousse par deux diverses fois de la main disant : Allez plus loin. M. de Vendôme, de son mouvement, lui baise le dessus de la main et à l’impourvu. — Ha! dit-il, en faisant le fâché, vous baisez ma main, et la frotte contre sa robe. Promené au jardin, amené à la Reine, mis en carrosse. A deux heures goûté, amusé, ramené en la salle du Roi, il fait sortir un cul-de-jatte qui jouait du flageolet, disant: Mettez dehors ; qu'il joue, mais je ne veux pas voir. Il ne veut point voir Olyvette, folle de feu Mme de Bar, ne veut point voir maître Guillaume (fou du roi), n’aime point les fols de cette sorte. — Soupé ; il faut porter de la gelée au Petit-Canada, malade ; s'amuse à voir les passants.”
Le Petit-Canada mourut le 18 du même mois.
Les médecins ne purent rien faire pour lui ; c’est Fair de ses montagnes qui lui manquait.