Livre d'Horace
Lipsi monita et exempta polinea.
Tragediae Senequa.
Polinanim fons morum silva.
Ordonnance de 1667.
Molière (8 tomes).
Pierre Corneille (4 tomes).
Telemaque (2 tomes).
Lettres de Balsac (2 tomes).
Code Criminel, Code de la Marine, Code des Marchands.
Etat de la France (3 vols).
Œuvres de Sarazin (2 tomes).
Institutes de Justinien,
Coutume de Paris (2 tomes).
Œuvres de Boileau.
Institution au droit français.
Histoire sainte (2 tomes).
Histoire des papes (2 tomes).
Les droits ecclésiastiques (2 tomes).
Contes de Lafontaine.
Coutume de Godefroy.
Le traité des donations.
Les œuvres de Baquet.
Edits et Ordonnances de plusieurs rois.
République de Bandoin.
Œuvres de M arc- Antoine Des passe.
La grande conférence des Ordonnances (3 tomes).
Les œuvres de Loizeaii.
Recueil d'arrêts remarquables (2 tomes).
Arrêts de Louet.
Les métamorphoses d'Ovide.
Procès-verbal des conférences.
Ordonnances de Taveneau pour l'état ecclésiastique.
Abrégé de la jurisprudence romaine.
L'histoire du temps.
Arrêts de Le Prestre.
La coutume de bannage.
Le praticien français par Lange.
Indices de Ragnan.
Biblia Sacra.
De divisione beneficioriim.
Sinopsis decretalkim.
Codici Justiniani (2 tomes).
Pcresins Incodicis.
Corpus Jiiris Canonici.
Opus suavissimus florihiis.
Virgile Maron.
Conedeninni commentarins in institutiones Justiniani.
A Costa in Institutiones Justiani.
Decisiones Guidonis pape.
D ic t io n n arium Calpini.
Decisiones Burdegalenses Nicol Bery.
*** A ces pièces, ajoutons les lettres suivantes du ministre du Grand Roi au sujet de M. Leduc.
Lettre du ministre au gouverneur de Vaudreuil (14 juin 1708) :
" Le Roy a choisy le Sr le Duc, avocat au parlement de Paris, pour remplir la place de procureur général au conseil Supérieur de Quebek; jl a toutes les qualitez nécessaires pour un pareil employ. Sa Maté, désire que vous le fassiez installer aussytost qujl sera arrivé, je l'ay jnformé de la conduite qu'jl doit tenir avec vous et je suis persuadé par les dispositions où je Tay laissé que vous en serez
content. Je vous prie de luy accorder vostre amitié et de luy donner toute la protection dont jl pourra avoir besoin pour bien remplir les fonctions de son employ. '*
Lettre du ministre à l'intendant Raudot (14 juin 1708) :
" Le Roy a choisy le Sr Le Duc, ancien avocat au parlement de Paris, pour remplir la place de procureur orénéral au conseil Supérieur de Quebek. Jl a toutes les qualitez nécessaires pour un pareil employ. Comme jl n'a aucune habitude en ce pays jl est à croire qu'jl n'aura aucune prédilection pour personne et qu'jl n'entrera dans aucun des partis qui ont jusques à présent fait tant de mal à la colonie de Canada, je vous prie d'avoir pour luy tous les esgards possibles. Je l'ay pleinement jnformé de la conduite qu'jl doit tenir avec Mr de Vaudreuil et avec vous et je suis persuadé par les dispositions oti je l'ay laissé (jue vous en serez contens l'un et l'autre, je vous prie de l'jnstaller et de le mettre au fait des affaires de ce pays affin qu'jl les puisse suivre. Je m'attends que vous luy accorderez vostre amitié et que vous agirez de concert avec luy surtout en ce qui regardera les affaires de judicaturc estant homme de beaucoup de capacité et d'érudition. Je vous recommande surtout d'éviter de luy donner le moindre dégoûts dans ses fonctions et de les luy laisser faire en entier. "
Lettre du ministre à M. Bégon, intendant de la marine au port de LaRochelle (14 juin 1708) :
" Le Roy a choisy le Sr le Duc, ancien avocat au parlement de Paris, pour remplir la place de procureur général du conseil Supérieur de Québek. Jl doit se rendre jncessamt. à la Rochelle pour s'embarquer avec un valet. Sa Maté, désire que vous le fassiez recevoir sur le Vau, VAffriqiiain et que vous recommandiez au Sr de la Grange, qui le commande, d'avoir beaucoup d'esgard pour luy pendant toute la traversée et de luy donner un logement commode. Si ce navire se trouvoit party et qu'jl en restast encore quelqu'un qui allast à Québek Sa Maté, veut que vous l'y fassiez recevoir et que vous vous accommodiez avec le capitaine pour la dépense de son passage. Vous recommanderez pareillement à ce capne. d'avoir aussy beaucoup d'esgard pour luy. Je vous prie de luy faire tous les plaisirs que vous pourrez et je vous en seray fort obligé ".
Ces lettres prouvent que le ministre avait beaucoup de considération pour M. Leduc des Fontaines.
*** Mémoire du Roi à MM. de Vaudreuil et Raudot (lo mai 1710) :
Sa Majesté a pourvu le Sr Le Duc de la charge de son procureur général au Conseil
Supérieur de Québec. Elle a fait ce choix sur les témoignages qu'on lui a rendu de sa capacité et de sa droiture. Elle désire qu'il soit établi dans les fonctions de sa charge. "
LES DEMOISELLES ADHEMAR DE LANTAGNAC
La famille Adhémar de Lantagnac était de très ancienne noblesse. Elle servit longtemps les princes de Monaco. Sa devise était : Plus d'honneur que d'honneurs.
Gaspard Adhémar de Lantagnac, qui passa dans la Nouvelle-France en 1712, était le neveu de notre premier gouverneur de Vaudreuil. Le prince de Monaco s'intéressa beaucoup à son avancement. Le 30 mai 1713, le jeune de Lantagnac obtenait une expectative d'enseigne dans les troupes du détachement de la marine. Enseigne en pied le ler juillet 1715, il fut promu lieutenant moins d'un an plus tard, le 27 avril 1716.
Après avoir servi quelques années à l'ik Royale, M. de Lantagnac obtint, en mai 1726, le commandement d'une compagnie.
M. et Madame de Vaudreuil firent tout ce qu'ils purent pour leur neveu. Chaque année.
l'un ou l'autre écrivait au ministre en faveur de M. de Lantagnac. En 1742, ce dernier obtenait la croix de Saint-Louis. Il sollicitait cet honneur depuis 1731.
Major de Montréal en 1748, M. de Lantagnac fut promu lieutenant de roi du même gouvernement un an plus tard, le 23 mai 1749.
A la mort du baron de Longueuil, en 1755, M. de Lantagnac, s'il n'avait pas été si vieux, l'aurait certainement remplacé au gouvernement de Montréal. Il mourut, un an plus tard, à Montréal, le 7 novembre 1756.
M. de Lantagnac avait épousé, à Québec, le 7 mars 1720, la fille du premier conseiller Martin de Lino. Mademoiselle de Lino n'appartenait pas à la noblesse quoique sa famille fut de la plus haute respectabilité. Aussi le gouverneur de Vaudreuil s'opposa beaucoup au mariage de son neveu avec elle. Mgr de Saint- Vallier ne trouvant pas les raisons du gouverneur suffisantes, passa outre et maria les fiancés. M. de Vaudreuil fit une grande colère et se plaignit de l'évêque au roi. Celui-ci, le 14 juin 1721, fit écrire, par le conseil d'Etat, une lettre très raide à l'évêque de Québec.
A/[adame de Lantagnac décéda à Chambly le 29 janvier 1738, à l'âge de trente-neuf ans. De ses treize enfants, cinq décédèrent en bas âge, un fils entra dans les troupes du détachement de la marine et une autre devint la femme d'un officier des troupes, Antoine de La
Barre, seigneur du Jardin. Les six autres filles embrassèrent la vie religieuse.
Geneviève-Françoise née le i8 aoiit 1725 entra au pensionnat des Ursulines de Québec dès son bas âge. Son éducation terminée, elle reprit sa place à la maison paternelle. La mort de sa mère retarda son entrée dans la vie religieuse. Enfin, le 23 mai 1744, elle était admise au noviciat des Ursulines. On lui donna le nom de Saint-Henri. Elle prononça ses vœux le 23 août 1746. La Mère Geneviève-Françoise de Lantagnac de Saint-Henri décéda le 26 novembre 1765.
Les Annales de la communauté notent la mort de cette excellente religieuse dans les termes suivants: '' Le Seigneur vient de nous affliger en retirant du milieu de nous, notre chère Sœur Geneviève-Françoise de Lantagnac de Saint-Henri, qui n'était que dans sa quarantième année. Elle eût été capable de tous les emplois de la maison, si la faiblesse de son tempéramment ne l'eût soumise à des infirmités presque continuelles. L'extrême délicatesse de sa conscience eût même dégénéré en scrupule, sans cette parfaite obéissance qui la guidait en tout. Cette âme chérie de Dieu a presque toujours souffert elle-même; mais jamais elle n'a su ce que c'était que de faire souffrir les autres. "
Marie-Charlotte née à en novembre 1728 entra, le 20 juin 1745, à l'Hôtel-
Dieu de Montréal. Elle avait un peu plus de seize ans. La Sœur Marie-Charlotte de Lantag-nac fit profession le 8 août 1747. Elle décéda le 16 novembre 1756, à l'âge de 28 ans.
Le Nécrologe de FHôtel-Dieu de Montréal dit de cette Sœur dévouée:
" Notre très honorée sœur Charlotte de Lantagnac qui fut une très fervente religieuse, toute dévouée au service des pauvres malades et de la communauté pendant dix années qu'elle y vécut. Sa ferveur ne se ralentit point. Atteinte de l'épidémie en 1756, cette terrible maladie la conduisit au tombeau à l'âge de 28 ans. "
Jeanne-Charlotte, née le 5 octobre 1729, avait aussi reçu son éducation au couvent des Ursulines, mais elle demanda son entrée à l'Hôpital général. Dieu l'appelait au soin des déshérités de la fortune. Elle entra en religion le 2 octobre 1749, fit profession le 2 avril 1751 sous le nom de Sainte-Radegonde, et mourut le 10 septembre 1754.
La lettre circulaire envoyée aux communautés-sœurs le jour même de sa mort donne un précis exact des vertus de la Mère Sainte- Radegonde. Nous citons la dernière partie de cette lettre : " Ma Sœur Sainte-Radegonde avait l'air et l'esprit religieux. Sa soumission, sa douceur, son humilité, étaient remarquables. Elle servait les pauvres de manière à faire voir qu'elle honorait en eux la personne même de
Jésus-Christ. Comme elle souffrait d'une maladie des poumons, un rhume qu'elle contracta la conduisit au tombeau. Dès qu'il y eut quelque apparence de danger, notre confesseur lui proposa de recevoir le saint viatique et Textrêmeonction; elle y acquiesça avec de grands sentiments d'amour et une reconnaissance des plus vives. Ayant son plein jugement jusqu'au dernier soupir, elle attendit avec une douce paix et une tranquillité admirable le moment où l'Epoux arriverait pour l'introduire dans la salle nuptiale ; car elle était une de ces vierges sages qui conservent toujours dans leurs âmes le feu de la divine charité. Elle rendit la sienne entre les mains de son Créateur, en présence de notre Mère de l'Enfant-Jésus et d'une partie de la communauté, le lo septembre 1754, âgée de vingt-cinq ans et ayant trois ans et demi de profession.
Angélique, née le 29 octobre 1730, avait eu, elle aussi, dès son bas âge, l'idée d'entrer en religion. Le 23 août 1746, le jour même de la profession de sa sœur Geneviève-Françoise au monastère des Ursulines, elle avait dit aux bonnes Mères: Gardez pour moi, s'il vous plaît, ce voile blanc que ma sœur vient de quitter. Moins d'un mois plus tard, elle entrait à son tour au noviciat des Ursulines. Elle prit un peu plus tard l'habit d'Ursuline sous le nom de Sainte-Marie, et fit profession deux ans plus tard. Elle décéda le 13 février 1769.
Les Annales des Ursulines, notant la mort de la Mère Angélique de Lantagnac de Sainte- Marie, ajoutent: ''Cette chère sœur donnait bien de la consolation à notre communauté. Elle était d'une douceur, d'une politesse, d'un recueillement, d'une humanité, qui en faisaient un modèle de la parfaite religieuse, et charmaient toutes ses sœurs. Dans son désir de soulager la maison, elle se livrait au travail avec une ardeur incroyable. Elle a été seconde dépositaire, infirmière et sacristine; sa dévotion au Saint-Sacrement et au Sacré-Cœur de Jésus lui faisait chérir particulièrement ce dernier office. Elle est morte comme sa sœur Geneviève-Françoise d'une fluxion de poitrine. Nous n'avons rien épargné pour la sauver, ni prières, ni remèdes, mais il fallut nous soumettre à ce nouveau sacrifice. Cette chère Sœur était âgée de trente-huit ans dont elle avait passé vingt-deux en religion, exerçant avec succès, ainsi que sa sœur aînée, les fonctions d'Ursulines. "
Marie-Ursule, née à Chambly le 8 août 1735, se destina aussi à la vie religieuse, mais elle choisit un institut complètement différent de ceux des Ursulines et des Hospitalières. Elle se consacra à Dieu parmi les pieuses Sœurs de la Congrégation Notre-Dame de Montréal. Elle fit sa profession en août 1756, sous le nom de Sœur Sainte-Claire. Elle décé-
da le 5 février 1800, dans la soixante-cinquième année de son âge.
Citons les Annales de la Congrégation Notre-Dame sur la Sœur Sainte-Claire:
" Trois mois après la profession de notre sœur Sainte-Claire, sœur Charlotte de Lantagnac décéda à THôtel-Dieu de Montréal, victime de l'épidémie de cette époque, n'étant âgée que de vingt-neuf ans, dont dix années passées en religion.
" Lors de l'incendie de notre maison-mère en 1768, Sœur Sainte-Claire avait quatorze ans de religion et elle était âgée de trente-deux ans ; il y avait quarante-et-une sœurs avant elle et treize plus jeunes. Aux nominations de juin, elle laissa le pensionnat de la maison-mère, pour aller avec Sœur Sainte-Hélène, rétablir la mission de la Basse-Ville de Québec, interrompue depuis 1759. L'année 1769 lui enleva sa sœur Angélique dite Sainte-Marie; Mère Saint-Henri était décédée en 1765. Cette même année Sœur Sainte-Claire fut nommée maîtresse des novices et on la réélut à ce poste en 1770 puis en 1771 ; elle était en même temps secrétaire.
** En 1772 la supérieure déposée, Mère de l'Assomption, lui ayant succédé dans la charge du noviciat. Sœur Sainte-Claire fut nommée seconde maîtresse des novices, sacristine et chantre au chœur; mais peu après, en septembre de la même année, on la désigna pour aller
rétablir la mission de Champlain avec Sœur Saint-Pierre. En 1775, elle était première maîtresse de la grande école et première chantre au chœur. En 1776, elle fut de nouveau élue maîtresse des novices et on lui donna en même temps la direction du chant avec le soin de la sacristie. Deux ans après elle fut nommée assistante de la supérieure générale et nous la trouvons à ce poste jusqu'en 1783, remplissant aussi la fonction de maîtresse des approbanistes. En 1783, elle est chargée de la grande école; en 1784, elle est seconde conseillère et maîtresse de la grande école; en 1785, seconde conseillère et maîtresse du pensionnat; en 1786, première conseillère, seconde maîtresse des novices et sacristine; en 1789, directrice de la mission de la Basse-Ville de Québec; en 1796, elle revient de Québec pour remplir la charge d'assistante; en 1799, elle devient première conseillère.
" C'est quelques mois après cette dernière élection, qu'elle fut enlevée à l'estime de sa communauté étant âgée de 64 ans, et dans sa 46ième année de religion. Ce fut notre premier décès du XIXe siècle et la première sépulture dans notre vieille église. L'acte en fut dressé comme suit: ''Le 7 février 1800, je, prêtre soussigné ai inhumé dans l'église de la Congrégation Notre-Dame le corps de Marie-Ursule de Lantagnac, dite Sainte-Claire, décédée avant-hier âgée de soixante-quatre ans, six
mois; de religion quarante-cinq et demi. Ont été présents, Messires Molin et Bédard Ptres
Hubert, p. s. s.
Marie-Thérèse née le 20 janvier 1737 se décida à aller rejoindre sa sœur Jeanne-Charlotte à l'Hôpital général de Québec. Entrée le 4 juillet 1754, elle y prononça ses vœux le 8 janvier 1756, sous le nom de Sainte-Elisabeth. Elle décéda le 16 mai 1802, à l'âge de soixantecinq ans.
" La haute noblesse de son extraction formait le moindre mérite de cette humble hospitalière. Elle donna dès le temps de son noviciat des preuves de sa modestie et de sa sagesse. Quoiqu'elle n'eut pas encore quatre ans de profession à l'époque du siège de Québec, la Mère Sainte-Elisabeth fut jugée propre à prendre soin des blessés dans un hôpital ambulant, établi à une petite distance de l'Hôpital général, et elle vola au secours des pauvres malades qui étaient déposés ou plutôt entassés dans ce triste réduit. Ni la vue des blessures encore toutes sanglantes, ni la crainte naturelle qu'inspire la présence d'une troupe de soldats armés, ne purent abattre son courage. Elle eut plus d'une fois à souffrir de leur grossièreté. Un d'eux lui appliqua un jour son sabre sous la gorge et lui arracha des mains, en même temps, quelques aliments qu'elle avait
préparés pour ses malades. Cet incident, loin de de la déconcerter, sembla lui inspirer un zèle nouveau, et aussi longtemps que les circonstances Texigèrent, elle continua de prodiguer aux malheureux blessés ses soins et son dévouement. "
Six sœurs dans la vie religieuse en même temps! Voilà qui ne se voit que dans la Nouvelle-France, pays de foi intense et de sacrifices renouvelés de jour en jour et presque d'heure en heure.