LA MEMOIRE DE SIR WILFRID LAURIER
Dans le beau et bon Hvre que M. L.-O. David a consacré à la mémoire de son illustre ami disparu, sir Wilfrid Laurier, il nous apprend qu'il était doué d'une heureuse mé-
(1) Bulletin des Recherches Historiqaes. vol II, p. 122.
moire qui alimentait constamment son éloquence et lui permettait de parler ou de causer sur tous les sujets, dans toutes les circonstances.
M. David cite deux cas typiques de la mémoire prodigieuse de sir Wilfrid Laurier.
Lors de sa visite à Versailles en 1897, le surintendant de la bibliothèque du château faisait voir au premier-ministre du Canada les tableaux représentant les victoires de Napoléon 1er, et il disait :
— Voici la bataille de Marengo . . . Voici celle d' Austerlitz qui eut lieu à telle date
— Pardon, dit sir Wilfrid Laurier, c'est le 2 décembre 1805, que la bataille d'Austerlitz fut livrée.
— Ah ! dit le bibliothécaire, c'est vrai, il parait qu'on connait l'histoire de France au Canada.
Dans une autre circonstance, M. Chapleau, greffier du Sénat, faisait, en présence de sir Wilfrid Laurier, la description d'tuie bataille à laquelle il avait pris part, dans la guerre de Sécession. A un certain moment, l'homme d'état l'arrêta poliment, pour lui dire :
— Pardon, capitaine, mais je crois que la charge de cavalerie du général X . . . . n'eut pas lieu exactement comme vous le dites, et il raconta ce qui s'était passé.
— Diable, dit M. Chapleau ! J'avais oublié c'est vrai c'est bien cela.