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LES COCHONS DANS LES RUES LE MONTREAL EN

Le 24 juin 1706, l'intendant Raudot rendait une ordonnance pour la police et l'établissement d'un marché dans la ville de Montréal.

Cette ordonnance était remplie de sages prescriptions.

IT y était dit, entr'autres choses :

“Leur deffendons (aux habitants de Montréal) aussi de garder dans leur maison aucuns cochons à peine de trois livres d'amende pour chaque cochon qui serait trouvé chez eux et de confiscation des dits cochons, et de laisser vaguer dans les rues aucunes bêtes à cornes et en cas de contravention, permettons aux huissiers de cette juridiction de saisir et arrêter les dites bêtes lorsqu'elles se trouveront dans les rues sans être conduites par quelqu'un, lesquels huissiers ne les rendront qu'en payant par les propriétaires pour chaque bête la somme de dix livres d'amende à laquelle nous les condamnons pour la dite contravention sur chacune des dites amendes sera pris par l'huissier la somme de trois livres pour son salaire.”

Il faut croire que les habitants de Montréal

élevaient alors un bon nombre de cochons puisque l'ordonnance de M. Raudot, qui renfermait pourtant des prescriptions réclimées de tous, fut reçue par un tollé général.

M. Raudot, se rendant compte qu'en matière de police tout comme en pciitique il ne à pas bon de procéder trop radicalement, revini sur ses pas. Quelques jours plus tard, le 2 juillet 1702, il émettait une nouvelle ordonnance beaucoup moins draconienne.

“ Sur ce qui nous a été représenté par plusieurs personnes de cette ville, disait-il, que notre ordonnance du 22e juin dernier leur ferait un grand préjudice si elle était exécutée dans toute sa rigueur à l'égard des cochons, parce qu'ils en ont élevés quelques uns qui leur sont nécessaires pour la subsistance de leur famille n'étant point en état, si on les oblige à présent de s’en défaire, et d'en acheter d’autres, ce qui les priverait de leur subsistance tout l'hiver et ayant égard à la dite remontrance.

“ Nous ordonnons que notre ordonnance du dit jour 22 juin dernier sera exécutée en ce qui concerne les cochons, à l'égard seulement de la rue Saint-François et de toutes les maisons de la basse-ville depuis le carrefour de l'Hôtel-Dieu jusqu’à la petite porte du bas de la rue Saint- Pierre. Permettons aux autres habitants de cette

ville de nourrir chacun au plus deux cochons, qu'ils tiendront enfermés chez eux, et ce jusques à Pâques prochain sans qu'il leur soit permis de les laisser vaquer, auquel cas nous permettons à toutes personnes de les tuer lorsqu'on en trouvera dans les rues... ”

Tout rentra alors dans l'ordre.

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