‹ Les petites choses de notre histoireChapitre 32 sur 100 · LA SOCIETE DES HABITANTS DE LA PETITE-RIVIERE · texte numérisé non relu

LA SOCIETE DES HABITANTS DE LA PETITE-RIVIERE

Les sociétés en commandite et les syndicats sont de dates relativement récentes dans nos

Statuts. Mais ces sortes d'associations ont existé dans notre pays bien avant les temps actuels. On en cite même quelques-unes dès le commencement du dix-huitième siècle.

Entre 1700 et 1725, les marsouins étaient en abondance dans le Saint-Laurent. Ils fréquentaient surtout les îles de Kamouraska et la Rivière-Ouelle au sud, et la Baie Saint-Paul et la Petite-Rivière au nord. On connaît les pêches aux marsouins de Kamouraska et de la Rivière- Ouelle. Celles de la Petite-Rivière sont depuis longtemps oubliées.

Au printemps de 1722, les habitants de la Petite-Rivière, sur la suggestion de leur curé, M. l'abbé Joriau décidaient de se former en association pour établir deux pêches aux marsouins sur la devanture de leurs terres. Cette association prit le nom de Société des habitants de la Petite- Rivière Saint-François-X avier.

Les statuts de cette société rédigés par le curé Joriau avaient le mérite d’être courts, nets et de ne prêter à aucune ambiguité. On ne peut dire la même chose de plusieurs de nos lois d’aujourd’hui.

Ils valent la peine d'être cités ici :

1° Chacun des associés contribuera aux dépenses nécessaires à faire pour l'établissement

de ces deux pêches, par rapport à la devanture de leur terre.

2° Les profits qui proviendront des dites péches seront partagés également entr'eux au prorata de la devanture de leur terre.

3° Les hommes nécessaires pour les établissements seront fournis également.

4° Il sera loisible à chacun des associés de disposer des huiles et peaux qui reviendront à chacun d'eux des dites pêches.

5° La société durera pendant neuf années, sans pouvoir par aucun des associés céder son droit à un autre.

6° En fin de la dite société, il leur sera loisible d'en faire une autre, ou de la renouveler suivant les avantages qu'ils auront trouvés dans celle-ci.

7° Les associés qui voudront se retirer de la société pourront le faire, sans pouvoir par eux tendre sur la devanture de leur terre pour nuire à celles établies.

8 Les profits de la société seront partagés tous les ans, à fur et à mesure que la pêche se fera.

9° Il sera loisible à chacun des associés de se désister de ses droits par chaque année, pour autant de temps qu’il voudra, à la charge d’avertir les autres associés au mois de mars de chacune année, auquel cas il n’entrera ni dans la dépense ni dans les profits, comme aussi qu'il pourra ren-

= street poesie RS

Est eipirnapetegrrerrnses

trer en la dite société, quand bon lui semblera, en avertissant dans le même mois de mars de l'année

suivante.

L'intendant Bégon à qui l'acte de société en question fut soumis, le trouva tellement bien fait qu'il s'empressa de l'homologuer et de lui donner

force de loi.

Enregistrons ici les noms des membres de la Société des Habitants de la Pctite-Rivière. La plupart ont encore de nombreux descendants dans la région. C'étaient: Paul Cartier, Julien Fortin dit Bellefontaine, Geneviève Gamache, René de Lavove, Jacques Fortin père, Noël Simard, Claude Larouche et Jacques Fortin fils.

Nous ignorons si la Société des Habitants de la Petite-Rivière eut une longue existence. Une chose est certaine, c'est que grâce à l'acte de société rédigé par le curé Joriau les habitants de la Petite-Rivière s'entendirent bien. Nos ancêtres. pourtant, s'emparaient des moindres prétextes pour avoir recours aux tribunaux.

Page 1