ZE = AU CAP-SANTE EN
Les braves paroissiens du Cap-Santé si respectueux pour le lieu saint seront surpris d'apprendre qu'il y a près de deux siècles, un intendant de la Nouvelle-France fut obligé d'intervenir pour empêcher les chiens... d'entrer dans leur église.
Les chiens du Cap-Santé, les dimanches et jours de fête, entraient dans l'église avec leurs maitres et parce que le bedeau les en chassait un peu rudement. les habitants menaçaient de donner des coups au pauvre diable, qui ne faisait pourtant que son devoir.
Le curé du Cap-Santé porta plainte à l’intendant Bégon, qui n'entendait pas badinage sur le respect dù au lieu saint, et celui-ci, le 15 avril 1722, émit l'ordonnance suivante :
“ Sur les plaintes qui nous ont été faites par le sieur Rageot-Morin, curé du Cap-Santé de la Sainte-Famille, que le service divin est interrompu dans son église, par le grand nombre de chiens qui suivent les habitants qui y assistent et quelques habitants se trouvent offensés de ce que le bedeau ou celui qui en fait la fonction en son absence les chasse de l'église.
“ Nous faisons très expresses inhibitions et dé- ti fenses aux dits habitants de troubler; par menaces Eu dans ses fonctions le bedeau ou celui qui sera préposé en sa place à peine contre chacun de ceux qui l'auront menacé de dix livres d'amende | applicable à la fabrique de la dite paroisse. Ordonnons que le recouvrement en sera fait à la diligence des marguilliers et que celui en charge » sera tenu de s'en charger pendant l'année de son exercice, leur faisons en outre défense de commettre aucune voie de fait pour raison de ce à peine d'être poursuivis extraordinairement sur la dite voie de fait et le scandale qu'ils auront
commis. ”
Ni M. l'abbé Félix Gatien, ni M. l'abbé David Gosselin, dans les intéressantes études qu'ils ont consacrées au Cap-Santé, ne mentionnent cet épisode de l'histoire de cette vieille paroisse. Il faut croire que r'ordonnance de M. Bégon n'a pas été "conservée dans les archives paroiïssiales.