LE PATRIOTE LOUISIANAIS JOSEPH ROY DE VILLERE
Dans son étude historique publiée en 1851, Les Rouer de Villeray, Pierre Margry, d'ordinaire bien informé, a commis une erreur assez singulière au sujet du fameux patriote louisianais, Joseph Roy de Villeré. M. Margry affirme que le patriote assassiné par les Espagnols était un Rouer de Villeray. Le dévouement à son pays et la mort héroïque de Joseph Roy de Villeré sont, sans doute, de belles pages dans l’histoire de la Louisiane, mais les Rouer de Villeray se sont assez couverts de gloire au Canada et en France sans qu'il soit nécessaire d’enlever à une autre famille les belles actions d’un de ses membres pour les glorifier.
Le patriote Roy de Villeré n'avait aucune parenté avec les Rouer de Villeray, mais comme il était d'origine canadienne, on nous saura peutêtre gré d’en di:e un mot ici:
Un peu avant 1672, Jean Roy, originaire de Serraine, évêché de Tours, venait s'établir dans la Nouvelle-France. Il s'y mariait quelques années plus tard, et eut une nombreuse famille.
L'un de ses fils, Jean Roy, se maria à son tour
et eut, lui aussi, plusieurs enfants qui s'établirent en Louisiane.
M. de Ulloa, dans une lettre adressée au gouvernement espagnol en 1768, nous apprend à peu près vers quelle époque les frères Roy se rendirent en Louisiane.
“ L'oncle de Noyan et de Bienville (M. Le- Moyne de Pienville), dit-il, était venu du Canada pour gouverner à la Louisiane, et dans le nombre des gens du commun qu'il emmena avec lui, il se trouva quatre frères appelés Le Roy, qui prirent ensuite différents noms à la Louisiane, l'un se faisant appeler Lafrenière, l'autre Léry, le troisième Beaulieu, et enfin le quatrième Chauvin. Ces quatre Canadiens étaient d'une si basse extraction, et avaient reçu si peu d'éducation, qu'ils ne savaient pas même écrire, étant venus avec la hache sur l'épaule pour vivre du travail de leurs mains. ” .
Le Père de Charlevoix n'était pas de l'opinion de M. de Ulloa sur le compte des frères Chauvin. De passage à la Nouvelle-Orléans en janvier 1712, il écrit dans son Journal:
“Le cinquième (de janvier 1712) nous nous arrêtames pour diner à un endroit qu'on appelle les Chapitoulas, et qui n'est éloigné que de trois lieues de la Nouvelle-Orléans, où nous arrivaämes à cinq heures du soir. Les Chapitoulas et quel-