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LES ELECTIONS AUTREFOIS

On se plaint beaucoup de la corruption qui s'exerce aujourd’hui dans nos élections politiques. Nos aïeux faisaient leurs élections d’une mamére peut-être un peu plus naïz'e mais, pour sür, beaucoup plus honnête. |

Les élections pour la Chambre d'Assemblée, que nous avait accordée la Constitution de 1791, eurent lieu au printemps et dans l'été de 1792.

M. Jean-Antoine Panet, avocat, qui devait être élu le 18 décembre 1792 le premier orateur de la Chambre d'Assemblée, brigua les suffrages des électeurs de la haute-ville de Québec.

La seule démarche entreprise par M. Panet auprès des électeurs fut de publier la lettre suivante dans la Gazette de Québec, l'unique journal de Québec :

“Aux libres électeurs de la haute-ville de Québec.

“ Messieurs et concitoyens,

“Je vous supplie humblement de m’accorder vos voix et votre recommandation à la prochaine

élection générale de vos représentants en Assemblée.

‘“ J'ai l’honneur d’être, “ Messieurs et concitoyens, “Votre très humble et zélé serviteur,

A. PaAx=Er.

“ Québec, 14 mai 1792.

M. Panet fut élu le 20 juin 1792.

A la clôture de l'élection, M. Panet, après avoir remercié les électeurs, déclara qu’il se proposait de distribuer cent louis d’or aux pauvres sans distinction.

“Il est beaucoup à désirer, disait la Gazette de Québec du lendemain, que toutes les sommes dépensées dans les élections ne fussent jamais plus mal employées. ”

M. Panet tint parole.

La note suivante publiée dans la Gazette de Québec du 5 juillet 1792 nous donne le détail de cette distribution aux pauvres de la haute-ville de Québec : |

“M. Panet, avocat, ayant dit immédiatement après son élection de représentant pour la haute ville de Québec, qu'il n’avait point donné de cocardes ni de liqueur avant ni pendant son élection,. et qu'étant alors finie, il donnait aux pauvres de la haute-ville cent louis d’or, qu'il priait

ses confrères avocats de distribuer aux plus nécessiteux, sans distinction de naissance. La dite somme faisant quatre cent cinquante piastres, à été distribuée publiquement par les avocats dimanche dernier dans la chambre d'audience, en présence de deux magistrats, de plusieurs ministres, et d’un grand nombre de notables citoyens, après avertissement affiché en différentes langues aux portes des églises et annoncé au prône de la messe paroissiale, savoir :

‘‘Aux pauvres malades de l’hôpital de cette ville, reçu par messire Vidal, vicaire de Québec...

‘‘Aux prisonniers, reçu par Nathaniel Taylor, “euyer, magistrat

‘‘Aux pauvres honteux du dit lieu, reçu par le dit Nathaniel Taylor, écuyer, en l’absence du Révérend M. Montmollin, ministre

‘‘Aux pauvres honteux du dit lieu, reçu par le Révérend M. Spark, ministre

‘A 234 pauvres présents, chacun 5

‘{ A ceux Ges dits pauvres en augmentation de leur lot à cause de leur vieillesse, infirmité et nombre de veuves, femmes et enfants par proportion ......

‘Cours de Québec

“ Les pauvres ont paru satisfaits et bien juger de l2 sage application du don, en priant les ma-

gistrats de faire leurs remerciements au donateur.

BERTHELOY D'ARTIGNY, doyen des avocats, À Québec, le 2 août 1792.”

Aux élections générales de 1796, l'honorable M. Panet se présenta de nouveau à la haute-ville de Québec.

Nous trouvons son manifeste dans la Gasctte de Québec du 9 juin 1796:

“Aux électeurs de la ñnaute-ville de Québec.

“ Messieurs,

“La confiance dont vous m'avez honoré par l'élection faite en 1792, m'a tellement attaché à vos droits et intérêts, que je crois de mon devoir de vous offrir de nouveau mes services, et de solliciter encore vos voix en ma faveur à l'élection qui doit se faire en cette haute-ville, vendredi. le dix-sept de ce mois ; demeurant inviolablement

Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur, J.-A. Paxer. "

M. Panet fut réélu sans opposition.

Le 23 juin 1706, il offrait, par l'entremise de la Gazette de Québec, ses très sincères remerciements :

“Aux francs et libres électeurs de la hauteville de Québec,

“ Messieurs,

“La manière réfléchie, paisible et distinguée dans laquelle l'élection de vos deux représentants dans la Chambre d'Assemblée provinciale a été faite le dix-sept de ce mois, vous couvre d’honneur, et me lie de plus en plus à vous exprimer comme un des élus ma reconnaissance inaltérable. Et sans vous faire les promesses tant à la mode et souvent trompeuses, je persiste à vous prier instamment de me juger que par les actions et de vérifier encore à l'avenir que j'ai l'honneur d'être avec un attachement zélé et respectueux,

Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur,

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