‹ Les petites choses de notre histoireChapitre 60 sur 100 · LE DUC DE KENT ET LE CURE RENAULD · texte numérisé non relu

LE DUC DE KENT ET LE CURE RENAULD

On sait que le duc de Kent, père de la reine Victoria, vécut à Québec de 1791 à 1794. 11 commandait aors le 6oème Régiment. Le duc de Kent se rendit très populaire à Québec et s'y créa un

bon nombre d'amis qu'il n'oublia pas après son retour en Angleterre.

La famille de Salaberry, entre autres, était en excellents termes avec le duc de Kent. Il fut même le parrain d'un des frères du héros de Châteauguay. Très souvent, le duc de Kent reçut l'hospitalité de la famille de Salaberry à sa résidence de Beauport. C'est probablement pendant une de ses visites à cette excellente famille que l'abbé Renauld, curé de Beauport, lui fut présenté.

Il faut croire que le curé canadien fit une bonne impression sur le duc de Kent, puisque, dans la suite, il entretint avec lui un commerce de lettres très suivi. Nous ignorons si ces lettres ont été conservées.

Lorsque, le 4 septembre 1797, Mgr Denaut prit possession du siège épiscopal de Québec, il donna des lettres de grand-vicaire à M. Piessis, curé de Québec, et annonça qu'il avait choisi ce digne et excellent ecclésiastique pour son coadjuteur.

Le duc de Kent essaya de faire désapprouver ce choix par le gouverneur de la province, sir Robert Prescott. Le 16 octobre 1797, le prince, alors en garnis n à Halifax, écrivait au gouverneur :

“Quant au coadjuteur, M. Plessis, je crois de mon devoir de vous informer que c’est un hamme

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en. qui vous trouverez peut-être qu'ii n'est pas prudent de reposer trop de confiance. Je l’ai connu pendant qu'il était secrétaire de l'évêque Hubert, et l'on savait parfaitement, pendant ma résidence au Canada, qu'il gouvernait entièrement l’évêque et le séminaire, et les portait à adopter des opinions incompatibles avec nos idées sur la suprématie du roi sur les affaires ecclésiastiques. - “ Je sais, écrivait-il un peu plus tard, que, pendant que je résidais au Canada, feu l'évêque Fubert se refusa fortement à remettre au gouvernement une liste des nominations à faire aux cures, et comme on crovait ce prélat entièrement guidé par le coadjuteur actuel, ce refus était regardé par les plus zélés sujets de Sa Majesté dans le pays, comme une des nombreuses raisons pour lesquelles M. Plessis était dans une position douteuse, sous le rapport de la loyauté envers la Grande-Bretagne. ”

Le but du duc de Kent en dépréciant ainsi M.

Plessis auprès du gouverneur Prescott, était de faire choisir son ami le curé Renauld comme coadjuteur de Québec. Häâtons-nous d'ajouter que l'abbé Renauld n'était pour rien dans ces intrigues. C'est l'honorable M. de Salaberry, pa-

roissien du curé Renauld, qui était le souffleur du duc de Kent.

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