LES MÊMES, MOINS AGLAÉ
LA VEUVE coLOMBiN. — En v'U\ Une fine mouche qui ne donnerait pas sa position aux pauvres!
M. DUTOc. — Pourquoi?
LA VEUVE COLOMBIN. — Dame! sa demoiselle mariée, le Ducerceau va rester seul au logis, et on dit que ce veuf a peur la nuit...
MADAME CAMBOURNAC. — Ne croyez donc pas ça! Aglaé n'est pas une fille à prendre sur son sommeil pour faire un excès de zèle.
M. DUTOC. — Ah! pour le coup, c'est la noce qui défile; voici le garçon et la demoiselle d'honneur.
MADAME CAMBOURNAC. — Sout-ils mal mis ! On dirait qu'ils vont au supplice.
M. DUTOc. — Tiens ! c'est Sanscadet qui est témoin ! un homme qui a des rhumatismes! Il est donc de toutes les noces?
LA VEUVE COLOMBIN. — Faut croife qu'il est imposé par la mairie.
M. DUTOC. — Ah! c'est la mariée.
MADAME CAMBOURNAC. — Que disait donc Aglaé? qu'elle était belle femme! Merci I de l'estomac comme
une lentille sur une assiette, droite comme un boulevard neuf; tout est à l'alignement.
LA VEUVE coLOMBiN. — En v"là Une qui aurait pu se promener pendant deux ans sur le radeau de la Méduse sans tenter la gourmandise des camarades!
M. DUTOc. — Toutes ses leçons de piano et d'anglais ne lui ont pas engraissé les jambes.
MADAME CAMBOURNAC. — Regardez donc le Pilodo; a-t-il l'air fier! On dirait qu'il a conquis un drapeau sur l'ennemi.
M. DUTOC. — Avant huit jours, il se mangera les ongles jusqu'aux genoux.
LA VEUVE COLOMBIN. — VouIcz-vous mou avis?... Le mari est volé, on ne lui a pas donné son poids.
(Les voitures disparaissent et les groupes se dissipent.)