SCÈNE IV
LES MÊMES, MOINS l'aPPRENTI
MADAME FRAicHOT. — Qu'cst-cc quc ça Va pouvolr nous coûter ?
MADAME CAMBOURNAC, — Je ne SUIS au juste, mais ca ne dépassera pas trois cents francs !
M. KRAiCHOT. — Trois cents francs ! ça me paraît cher !
MADAME CAMBOURNAC. — VoLis offriez tout à l'heurc neuf cents et neuf cent cinquante francs!
M. FRAicHOT. — Je uc dis pas le contraire; mais je ne suis pas prodigue, je le répète, et trois cents francs ça me paraît beaucoup d'argent... beaucoup trop d'argent!
MADAME CAMBOURNAC, d' uit tonfroissé. — Ah ! dites donc, vous, je donne mon idée, moi, mais je ne gagne pas dessus.
M. KRAicHOT. — Je le sais, madame Cambournac; seulement il n'est pas défendu d'aller à l'économie, n'est ce pas?
MADAME CAMBOURNAC, uvcc colèrc. — Au fait, je suis bien bonne! Faites-en ce que vous voudrez de votre parent, je m'en bats Toeil ! [S'animant.) Pourquoi ne le mettez-vous pas tout de suite dans l'huile, comme les sardines... ou dans la graisse d'oie, ça conserve aussi? — Pendant que vous y êtes, monsieur Fraichot, employez le procédé pour conserver les légumes qu'on fait sécher au four.
M. FRAICHOT. — J'y pensais à l'instant ; mais, si nous travaillons, nous aurons besoin de notre four...
MADAME CAMBOURNAC, avcc irotiie . — C'est fort malheureux, ma foi ! car sans ça vous empochiez vos fameux trois cents francs !
MADAME FRAicHOT. — Il mc scmblc, Hcctor, que madame vous a indiqué un prix raisonnable...
M. FRAicHOT, s emportant. — Toi, Eudoxie, tu. ferais mieux de te taire ! Elle a dit trois cents francs au hasard, comme elle aurait tout aussi bien dit deux cents ! Elle n'en connaît pas plus que nous là-dessus. — Ça n'en coûte peut-être que cinquante ; qu'en sais-tu ?... Avant de jeter l'argent par les fenêtres, au moins fautil se rendre compte... Il n'y a pas de loi qui empêche de compter, il me semble !
l'apprenti, accourant. — Patron, v'ià le saleur ! (hlntrée de l'embaumeur, qui apporte son matériel.)