‹ Les petites fleurs de Saint François d'AssiseChapitre 26 sur 32 · AS · texte numérisé non relu

AS

cure diligente du lieu et d'y officier de jour et de nuit. Davantage recommanda toute la sainte montagne, exhortant tous ses frères tant présents que futurs à ne permettre jamais que ledit lieu soit profané, mais toujours respecté et révéré, donnant sa bénédiction à tous ceux qui y habiteront et à ceux qui lui porteront révérence et respect. Et pour le contraire dit : Soient confondus ceux qui à ce lieu ne seront respectueux, et qu'ils attendent de Dieu le châtiment mérité. Et me dit : Frère Massée, sache que mon intention est que en ce lieu y ait des religieux craintifs de Dieu, et des meilleurs de mon Ordre : que partant les supérieurs s'efforcent d'y mettre des frères les meilleurs. Ah ah ah, frère Massée, je ne dis autre chose. Ordonna et imposa à nous frère Ange, frère Silvestre, frère Illuminé et frère Massée, que eussions spéciale cure du lieu où advint cette grande merveille de l'impression des sacrés stigmates. Cela dit, ajouta : Adieu, adieu, adieu, frère Massée, et puis tourné vers frère Ange dit : Adieu, adieu, adieu, frère Ange, et la même chose dit à frère Silvestre et à frère Illuminé. Restez en paix, fils très chers. Dieu vous bénisse, fils très chers. Adieu, je me pars de vous avec la personne, mais je vous laisse mon cœur. Je m'en vais avec frère brebis de Dieu, et m'en vais à Sainte Marie des Anges, et ici ne ferai plus retour. Je me pars ; adieu, adieu tous, adieu mont, adieu, adieu mont Alverne, adieu mont des Anges, adieu très cher, adieu très cher. Frère faucon, je te remercie de la charité dont usas avec moi. Adieu, adieu, gros rocher, jà n'irai-je plus te visiter, adieu, rocher, adieu, adieu, adieu, rocher, qui dedans tes entrailles me reçus, restant le Démon bafoué, jà plus ne nous reverrons. Adieu, Sainte Marie des Anges, je te recommande ces miens fils. Mère de l'Éternel Verbe. Durant que notre cher père disait ces paroles, nos yeux versaient ruisseaux de larmes ; dont il se partit lui encore pleurant, emportant nos cœurs, et restant nous autres orphelins par le départ d'un tel père. Je frère Massée ai tout écrit. Dieu nous bénisse.

Page 1