‹ Les petites saturnalesChapitre 8 sur 24 · SAINT-ROMAIN , DERVILLE · texte numérisé non relu

SAINT-ROMAIN , DERVILLE

DERVILLE

Enfin , mon cher ami , je te trouve.

SAmT-IlOMAIN.

Eh ! c'est Derville ! bonjour , mon vieux Pilade , bonjour, te voilà donc de retour de ton voyage ?

DERVILLE

Oui , mon cher ami , depuis hier soir , et ma première visite est pour toi ; mais j'ai cru que je n'arriverais jamais , oii diable es-tu venu te loger , dans un quartier perdu ?.

SAINT-ROMAIN

Comment, barbare , la nouvelle Athènes !.. le plus beau quartier de Paris...

DERVILLE

Oui , quand il sera bâti ; mais parlons d'affaires , d'après ta dernière lettre, tu persistes à donner ta fille à un. homme que tu ne connais pas.

SAINT-ROMAIN

Que je ne connais pas ? le plus savant , le plus ce'lèbre des antiquaires Italiens... il sera ici dans trois mois, j'ai reçu une lettre de lui , date'e des Dardanelles.

DERVILLE

Tai grand peur que ta fille n'ait pas le même goût que toi pour les antiques.

SAINT-ROMAIN

Je sais pourquoi tu me dis cela... ton neveu , <jai a connu

Virginie chez une de ses tantes , en était amoureux. . . mais sois donc tranquille, depuis six mois qu'il ne l'a vue, il l'a oubliée.

DERVILT.E.

Oublie'e !.. il m'en parle dans toutes ses lettres.

SAI.NT-ROMAIN

J'ai donne ma parole; et d'ailleurs., il est impossible que ma fille n'aime pas un liomme qui a parcouru l'Egypte, l'Iialie , la Grèce, ô! Grèce! que ïi'ai-je reçu le jour sous ton ciel classique , que de belles choses j'aurais vues.

UERVILLE.

Eh ! mon Dieu , rien de plus beau qu'en France.

Air: C'est l'ainonr.

De ti's peuples d'autrefois

J'iionf've le genie^ Mais sur ton cœur la patrie Wa-t-elle pas des droits.

Au peuple romain , à la Grèce, A leurs guerriers, à leurs travaux, Ija France oppose avec ivresse, Ses mnnumens et ses lieros.

Admii'ons dans l'histoire,

Kt <,'amiHe et (A"'sar,

Mais célébrons la gloire

De Condé , de Bayard.

Comme eux, d'immortelles couronnes, ]Vous ccifjnons nos f; onts triomphans j Wous opposons aux Amazonnes, INotre héroïne d'.)rli'ans.

A leurs nombreux trophées.

Bovine et Rivoli ;

Aux lyres des Orphe'es,

La lyre de Cretry.

Si sur le theitre de Rome, Iloscins autrefois balla , Sur notre scène ({u'on renomme, Melpomène a place Talma.

De Plautc cl de i' 'rence, Honorons Ins succès...

Mais nous vivons en Franke, Kt Molière est français.

De tes peuples d'autrefois

J'honore le génie; Mais sur ton c.ï-ui' la ])at'-ie ]N'a-l-elle pas des droits?

SAINT-ROMAIN

Tout ce que tu me dis là sur la France est superbe , mais la Grèce ! la Grèce ! la Grèce î

( On entend dans la coulisse des éclats de rire ). Ah ! ah ! ah !

DERYILLE.

Qu'est-ce que cela ?

SAINT-ROMAIN , joyeux.

Ça commence , mon ami.

DE !i VILLE.

Quoi ?

SAINT-ROMAIN

Tu te rappelés les fêtes de Saturne à Rome , tu vas en voir un échantillon, aujourd'hui je ne suis pas le maitrc chez moi, nous allons bien nous amuser,..

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