SCÈNE PREMIÈRE
ADELE , AUGUSTE , se donnant le bras et arrivant du fond du théâtre ; Adèle porte une ombrelle et Auguste une brochure.
AUGUSTE , déclamant.
« Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle, ma fortune va >» prendre (il cherche) ma fortune!. . . C'est inconcevable, je ne peux pas me fourrer cela dans la tête.
ADÈLE
Laisse donc là tes rôles el tes études pour un moment.
AUGUSTE
Il faut Lien que je repasse mon répertoire ; d'un moment à l'autre nous pouvons recevoir des nouvelles de M.Trichard, le correspondant des spectacles.
ADÈLE
Lui as-tu bien marqué que nous étions à Pantin ?
AUGUSTE
Oui , oui , sois tranquille , je lui ai bien donné notre adresse, chez M. Michon , menuisier-tourneur en face la grille du parc.
ADÈLE
Cette petite promenade me fait grand bien.
AUGUSTE
Ma chère Adèle , je vois avec plaisir que tu retrouves tes
moyens , et qu'à Pâques tu pourras reprendre tes Dugazon, As-tu retrouvé ton /a?
ADÈLE
Je puis même monter jusqu'au si. (Elle fredonne)
AUGUSTE
Allons , jusqu'à ce que nous rejouions la comédie , prenons l'air de Pantin; le loyer n'est pas cher, et l'hôte est fort divertissant
ADÈLE
Pourquoi ne lui as-tu pas dit que nous étions artistes , cet homme à l'air de les aimer.
AUGUSTE
C'est vrai, sa boutique et la chambre qu'il nous a louée sont tapissées des caricatures de toutes les pièces nouvelles ; mais je crois que sa femme ne partage pas ses goûts.
AlR : Vaud. du printems.
En vain de plus d'un camarade , Notre hôte achète le portrait , Elle met en capilotade Cadet Roussel , Boissec , Hamlet ; Et l'autre jour, dans son de'lire , Pour couronner tous ses exploits , Elle a de'chiré le Vampire Et brûlé le père Sournois.
En attendant, M. Trichard ne nous répondpas, et notre quinzaine de pension est échue.
ADÈLE
Est-ce que M. Michon t'a demandé de l'argent ?
AUGUSTE
Non , mais sa femme m'en a touché deux mots. ( On entend du bruit dans la maison de Michon. ) ADÈLE.
Quels eris !
AUGUSTE
C'est madame Michon qui commence son sabal.