SCÈNE l
1rs ai, mis, UN DOMESTIQrr.
LE DOMESTIQUE
Le déjeuner de M. le fournisseur est servi.
( '7) DUFOURAGE.
Laisse-moi, je t'en prie; mon déjeuner va se refroidir...
JULIEN
Vous voyez un pauvre soldat accablé de fatigue... et vous pouvez lui refuser...
DUFOURAGE.
Qu'il rejoigne son corps... je ne suis pas obligé d'avoir des vivres à la disposition de tous les soldats.
JULIEN
Mais offrez-lui de partager votre déjeûner.
DUFOURAGE.
C'est cela!... des dindes truffées, des salmis de perdreaux!... Peste, la nourriture de l'armée coûterait chère!... en outre de cela , j'ai des officiers-généraux à traiter. LE DOMESTIQUE.
Le premier service est sur la table... votre maître d'hôtel dit que le gibier ne peut pas attendre.
GUILLAUME
Et pas de pain !
DUFOURAGE.
Allons , allons... je te suis.
GUILLAUME
Jeune homme, cesse de le prier... un soldat peut mourir, mais il ne sait pas s'humilier.
DUFOURAGE.
A la bonne heure, il a un beau caractère, j'aime qu'un soldat soit fier.