SCÈNE I!I
JOL1COEUR, LEDOl X.
LEDOUX , entrant par la droite avec un plaisir à la main, il le mange eu chantant.
Ma foi , vive le plaisir !
air : Comme il ni aimait .'•
C'est k : plaisir , (Bis.)
Qui séduit la timide enfance;
Vers le plaisir (Bis.)
On voit la jeunesse accourir.
La vieillesse parfois y pense. . .
Enfin le but de l'existence
C'est le plaisir. ( ^fois.)
Ah! quel plaisir ! (Bis.)
J'ai donc nia liberté complète !
Mon voisin voulait en jouir ; TVlais sa femme vint le saisir.
Quatre marmots sont de la (ête. . .
Le pauvre homme.' je lui souhaiie
Bien du plaisir ! ( ^Jo/s."
JOLICŒUR , à pari.
Ce particulier là me fait l'effet d'un bon vivant ! ( Haut.) Si Monsieur cherche un restaurant, j'aurai l'honneur de lui recommander rétablissement que voilà.
LEDOUX
Mon ami, plus tard, je ne dis pas ; mais, pour le quartd'heurc , je me contenterai d'admirer la belle nature : le pittoresque seul me réclame.
JOLICŒUR.
Monsieur est peintre?
LEDOT/X.
Du tout.
JOLICŒUR.
Alors , Mousieur est poète ?
LEDOUX
Mieux que tout ça : je suis flâneur.
JOLICOEUR.
Ce n'est pas un état ça , flâneur.
LEDOUX
Oh ! mon brave homme, comme vous êtes dans les arriérés î Je vous demande bien pardon. Prene/.-moi les premiers fonctionnaires d'un Etat , depuis les ministres jusqu'aux garçons de bureaux , et faites-moi le plaisir de me dire ce qu'ils fout pour la plupart eu temps?
JOLICŒUR.
Vous croyez qu'ils flânent?
LEDOUX
Non, ils n'osent pas!... La différence qu'il y a entre eux et moi, c'est qu'ils sont payés pour ça , et que moi. . . je suis surnuméraire. ^