SCENE V
LEDOUX , restant seul à In porte du restaurant.
Hum ! quelle odeu r î l'atmosphère en est embaumée ! . . . Je saisis au passage le parfum du champignon... Ob ! maintenant , c'est de la truffe ! . . . Mais risquez-vous donc à pénétrer dans un restaurant du bois de Boulogne , quand vous n'avez eu caisse qu'un franc cinquante centimes ; car c'est tout ce que ma femme m'a donné. Il me faudrait un petit endroit bien modeste. . . an prix lixe. . . enfin un de ces dîners copieux à vingt-deux sous. Je commence à croire que j'ai eu tort de ne pas dîner chez moi; mais ma femme, qui veut me pousser, prétend que je la gêne quand il y a du monde. Pauvre bichette ! se donne-t-elle du mal pour faire quelque chose de moi!. . . Mais je suis sûr qu'elle y parviendra , et tôt ou tard je ne peux manquer d'être. . .
UNE VOIX, dans le bois.
Via T coco ! . . . A la fraîche , qui veut boire?
Tiens! ça fera joliment mon affaire; voilà un rafraîchissement qui entre parfaitement dans mes moyens. . . avec ça que le plaisir m'avait desséché le gossier. Hé ! marchand de coco!... Est-ce qu'il est sourd?... Marchand de coco !... Ah ! il s'arrête. . . Un grand verre , mou bon homme, et pas de mousse !
(En disant ces derniers mots , il s'est acheminé du côté du hois , et disparaît. )