‹ Les petits appartemensChapitre 223 sur 356 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BRULARD, YOLANDE, RAYMONT, caché, AMBROISE.

brulard , il entre en rêvant.

Je me promène lentement. . . avec toutes mes ide'es; ce n'est pas lourd , heureusement ; . . . mais . . . ( Apercevant Yolande.) Ah ! dame Yolande , que fais-tu ici?

YOLANDE

Monseigneur , je. . .

BRULARD

Sors; et va-t-en dire à ta maitresse qu'elle se pre'pare a partir pour le château de Gressy ; dans un instant sa litière sera prête , et mes hommes d'armes vous suivront. Laissezmoi.

yolande , à pare.

Ah ! mon dieu! s'il le découvre. . .

BRULARD , fait un mouvement.

Eh bien !

Je sors, Monseigneur. ( Aparf) Sainte Yolande, veillez sur nous !

( Elle sort lentement , en regardant toujours le portrait. )

RAYMONT , à part.

Voilà la peur qui me galoppe.

BRULARD

Oui, Blanche sera ma femme... certainement, je ne serai pas assez bêce pour lui rendre ses domaines et ses paysans qui sont d'un excellent rapport.

Ambroise , à lu cantonade.

Qu'on lui lie les pieds et les mains.

BRULARD

Le page Olivier?. . .

ambroise, arrivant en scène.

Je ne sais où il est... mais je viens de donner des ordres. . .

BRULARD

Ah! mon aimable page , comme tu vas la danser. En attendant, voici le moment où Raymont doit avoir termine' le travail des oubliettes.

AMBROISE

Vous me parlez toujours de vos oubliettes. . . je les approuve, c'est une jolie invention.

BRULARD

Oui, pour me défaire de mes amis, de ceux qui ont quelque chose à me redemander... mes voisins, par exemple.

Mais où sont-elles donc? je ne sais pas. . .

BRULARD

Tant mieux pour toi; car si tu les avais vues d'un œil , je te ferais crever l'autre. Je veux que ce soit un secret, pour tout le monde, excepte' pour ceux qui feront la culbute.

AMBROISE

Bah '. et le maçon qui travaille sous terre , s'il allait répandre la chose.

BRULARD , montrant la trappe.

Chut! il est là... Écoute par ici. ( Il le fait passer devant

lui, et le conduit près du tableau. ) C'est justement de cela qu'il s'agit. Que me conseilles-tu de faire du maçon? RAYMONT , à part.

Ah ! tout mon sang se fige !

AMBROISE

Moi , je vous conseille de . . . une bonne corde !

raymont, à part.

Ali ! vieux coquin I

BRULARD

C'est l'ancienne méthode , c'est la bonne ; mais j'ai encore une meilleure ide'e. . . Il attend que je le paie» . .

Air du premier Prir.

A Raymont je dois un salaire. . .

Mais je crains qu'il soit indiscret , Et ma foi !.. . je vais m'en défaire , Afin d'être sûr du secret.

C'est , puisque j'ai des oubliettes , Un moyen pour les essayer. . .•

raymont, à pari.

Et puis , lorsque l'on a des dettes , C'est un moyen pour les payer !. . .

BRULARD

Heim?... pan'... jusqu'au fond. ... Qu'en dis-tu?

AMBROISE

C'est le Ciel qui vous inspire.

raymont, à part.

Que le Ciel te le rende , va !

BRULAllD.

Ainsi, c'est convenu. . . il va me livrer son ouvrage, et son compte est fait.

raymont, à part.

C'est ce que nous verrons.

BRULARD

Après lui, le page. Va voir s'il est arrête. . . Et moi, je donne le signal ponr appeler Raymont.

( Ambroise va pour sortir. )

raymont , à part.

Ah ! mon dieu! il va me trouver absent. BRULARD , le rappelant.

Ou plutôt , e'coute. ( Ils se trouvent de l'autre cote'. ) Une Les Oubliettes'. i

autre idée ! si je l'enivrais?. . . ( Montrant la table. ) Voilà du vin , une coupe . . .

raymont , à part- Je n'entends plus rien.

AMBROISE

11 est certain que le moyen n'est pas mauvais. Ah ! voici la litière de la comtesse de Cressy.

BRULARD

Chut! qu'elle ignore surtout mes projets de vengeance. Je veux qu'elle me trouve toujours charmant. . . Heim! me trouves-tu un peu charmant?

AMBROISE

Peut-on demander une chose comme ça?

( Laporte du fond est ouverte, et l'on voit une litière portée par des paysans.

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