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SCÈNE IV

BLANCHE, BRULARD, Hommes d'armes ( Ihulard est en costume de chevalier. ) CHOEUR.

Aiu de Duché.

DeBrulard, la troupe iidelle, Des pages et des écuyers , Vient annoncer à la plus belle , Le plus brave des chevaliers ! , . .

(39 ) brulard, en habit de chevalier, un faucon sur le poing.

Restez sous les armes , baissez le pont-levis... Ah! c'est elle! Voyons un peu quel effet je vais produire sous mon habit de chevalier. {A Blanche, qui lui tourne le dos.) Blanche, j'ai an peu tarde' à vousrejoindre , je voulais paraître en ces lieux avec un costume digue de vous. ( A part. ) Elle ne regarde pas mon habit de chevalier. . . ( Appuyant. ) Avec un costume digne de vous.

BLANCHE , à part.

Il est encore plus laid comme ça !

BRULARD , à part.

Elle a vu mon habit de chevalier!

BLANCHE

Sir de Brulard, vous m'avez trompe'e ! le testament de mon père. . .

BRULARD

Il est exécuté. Vous êtes dans votre châieau , mais je suis toujours votre tuteur; aussi mes hommes d'armes vous entourent; je commande pour vous; vous ferez ce que je voudrai; vous choisirez l'époux qui me plaira; et du reste, vous jouissez d'une liberté entière , pour ne pas dire illimitée.

BLANCHE

Mais cet éponx , comment le choisir , puisque vous êtes seul?

BRULARD

C'est vrai, je suis seul !

BLANCHE

Eh bien !

BRULARD

Eh bien ! c'est beaucoup plus commode; quand on a un choix à faire entre plusieurs chevaliers , plusieurs beaux chevaliers, on est embarrassé; mais quand il n'y en a qu'un , c'est fait tout de suite, ou peut même choisir les yeux fermés; ainsi me voilà.

BLANCHE

Mon beau cousin , vous êtes un tyran.

BRULARD

Oh ! laissez donc , méchante.

BLANCHE

Mais si je ne veux pas me marier , si je veux rester damoisellc comme je suis?

BRULARD

C'est difficile , ma chère amie.

BLANCHE

Je m'adresserai a la reine Blanche , ma nohle marraine.

BRULARD

Je m'en moque.

BLANCHE

Encore , si vous disputiez mon coeur dans un comhat , dans un tournois !

BRULARD

Dans un tournois! quelle folie ! Je pourfendrais tons mes rivaux , et je reviendrais peut-être le corps fracassé, les côtes enfonce'es , le nez casse'. . . vous en seriez bien plus avancée et moi aussi ! J'aime mieux vous donner un époux en bon état, et un époux si doux , si tendre , un habitant de Pontoise enfin... Et vous savez que Pontoise est le pays de la sensibilité. . . c'est là que les hommes pleurent comme des. . .

BLANCHE

Je sais. . . mais je ne crois pas à votre bonté. . . Ces malheureux. . . ce page, ce maçon qui ont disparu. . .

BRULARD, à part Oh! dieu! est-ce qu'elle saurait?. . .

BLANCHE

Où sont-ils, mon beau cousin?

BRULARD

Je n'en sais rien. . . foi de chevalier!

BLANCHE

Si vous aviez attenté à leurs jours, je vous abhorrerais.

BRULARD

Alors, vous ne m'abborrerez pas. {A part.) Us ne reviendront pas lui dire. . . ( Haut. ) Vous m'aimerez , ma jolie pupille.

BLANCHE

"Vous croyez ?

BRULARD

Oui . vous m'aimerez.

( Yolande entre en scène etfait des signes à Blanche. )

blanche , observant Yolande.

Que vent-elle me dire ?

brtjlard , à Blanche , avec douceur.

Vous seriez si heureuse avec moi! Il n'y a pas de gentilhomme plus facile h mener.

blanche , observant toujours Yolande.

Vous me feriez croire que vous serez. . .

BRULARD

Votre esclave , votre serf; tout ce que vous voudrez , ma chère amie. ( A part.) Gueux de câlin que je suis ! blanche, à part.

Le renvoyer !

BRULARD

Le prieur est sans doute arrivé à la chapelle; voulez voulez-vous que j'aille faire hâter la ce're'monie?

{Yolande fait signe à Blanche.)

blanche.

La cérémonie?. . . eh bien, oui , je verrai; donnez des ordres. Allez , mon beau cousin.

BRULARD

Ah! que de bien vous me faites. On va vous apporter ma portraiture , et le petit coffre qui renferme mon cadeau de noces. Je vais donner des ordres pour que vos vassaux viennent danser, et vous fêter toute la nuit.

BLANCHE

Ah! respectez leur sommeil!

BRULARD

Lear sommeil ! . . . est-ce que ces gens-là ont un sommeil à eux? est-ce qu'ils ont quelque chose. . . Par exemple , avec ces idées-là, on ne s'y reconnaîtrait bientôt plus. Je vais donner mes ordres. Holà!... ma suite, marchez devant moi; chantez mes vertus, et soyez contens comme des vilains que vous êtes.

CHOEUR

De Brulard , compagnons fidelles , Nous pages , varlets, écuyers , Chantons la plus belle des belles , Et le plus bran des chevaliers !

( Ils sortent. )

Les Oubliettes. G

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