‹ Les petits appartemensChapitre 315 sur 356 · PHILIPPE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, THÉRÈSE

THERESE

Cousin , je vous clierchais.

PHILIPPE

Et moi aussi : j'allais rentrer , car j'ai deux mots à vous dire.

THERESE

A moi !

PHILIPPE

Parlez-moi franchement , Thérèse , vous savez combien je vous aime.

THÉRÈSE

Que voulez-vous dire ?

PHILIPPE

Pendant mon absence , vous êtes grandie , embellie , et jolie comme vous l'êtes, vous avez eu , n'est-ce pas , le désir de vous marier ?

THÉRÈSE, embarrassée.

Pendant votre absence , non, mou cousin , je n'y ai jamais pensé.

PHILIPPE

Mais , s'il se présentait un parti convenable 5 si un homme

plein d'honneur , jeune encore , capable de vous rendre heureuse , et qui vous adore... aspirait à votre main... tiiérèse, à part.

Voilà où je l'attendais... ( haut ). Mais...

phimppe.

Vous l'accepteriez... hé! bien, Thérèse, cet homme, c'est mon meilleur ami.

THÉRÈSE

Votre ami !

PHILIPPE

C'est Jacques.

THERESE

Jacques !.. ( à part ). Ah ! dieu... je me suis trompée.

PHILIPPE

Vous ne répondez pas.

THÉRÈSE , avec embarras.

C'est de votre amitié , que j'attends un conseil.

PHILIPPE

De moi !

THÉRÈSE , de même.

Oui , cousin , et je ne vous consulterais pas , si je connaissais quelqu'un qui m'aimât plus que vous,

Philippe, vivement.

Oh ! personne... personne , chère Thérèse.

THERESE

C'est votre cœur que je dois consulter... Jacques peut-il me convenir?

PHILIPPE

Air : A soixante ani.

Si c'est mon cœur que le votre interroge , Oui, cet hymen pourrait vous convenir.

THÉRÈSE , à part.

Ali! dieu! c'est lui , qui nie l'ait son éloge.

PHIMPPE.

Ainsi que moi , Jacques sait vous clicrir; Tout son bonheur est de faire le vôtre, Dans l'infortune il serait votre appui.

( i6) THÉRÈSE , à part.

Pourquoi faut-il qu'il parle pour un autre? J'aimerais tant qu'il me parlât pour lui.

PHli IPPE.

Eh! bien! Thérèse, vous gardez le silence !.. Que dire à Jacques ?

THTRESE.

Dites-lui qu'il a mon estime... mon amitié... mais que mon amour...

PHILIPPE

Eh ! bien ?

THÉRÈSE , timidement.

Est pour un autre.

PHILIPPE

Pour un autre!.. Ah! Thérèse! quel chagrin pour ce pauvre Jacques... et pour vos amis!., car Jacques n'est pas le seul à plaindre... vous nous quitterez...

THERESE

Je n'ai pas dit cela , cousin , c'est au contraire pour ne pas me séparer des personnes qui me sont chères...

PHILIPPE

Mais celui que vous avez choisi , partagera-t-il votre amitié pour nous?

THERESE

Oh! j'en réponds... et si vous le connaissiez...

PHILIPPE

Thérèse n'a pu faire un choix indigne d'elle.

THÉRÈSE

Oh ! non... et j'avais l'intention de le faire connaître à Jacques , j'ai pensé qu'un billet...

rniLiPPE.

Vous lui avez écrit ?

THÉRÈSE

J'avais compté sur votre complaisance... un mot de votre maiu...

PHILIPPE

De ma main !.. y songez- vous?

Vous me refusez ! .

Moi ! vous refuser.

part ). Grand dieu !.

THERESE

PHILIPPE

.seulement je voulais vous dire... (à ( hnut ). Mais parlez, Thérèse... que de 3

duis-je écrire à ce pauvre Jacques v

THERESE

Air : Il m'en souvient , longtemps ce jour.

Dites-lui pour l'affliger moins,

Et si cet avis est 1* voire ,

(^)ue pourtant , sensible à ses soins ,

J'avais déjà fait choix d'un autre...

Que son rival, ( à part ). ingrat, ou non,

De mon cœur hélas! est le maître...

PHILIPPE, avec embarras.

Et s'il me demande son nom ?

Thérèse M les yeux baissés.

Ne signerez vous pas la lettre?

Oui , s'il voulait Savoir son nom ,

IVaurez-vous pas signé la lettre i

PHILIPPE

Quoi ! chère Thérèse! je serais assez heureux !..

THÉiiÈSS* Qu'allez-vous penser de moi '.' \ous faire un tel aveu...

PHILIPPE

Air : Du Vaudeville du Michel. ( avec la ritournelle chantée ).

Pour mon cœur , (^uel moment enchanteur! Tes aveux , Thérèse, comblent tous mes vœux.

THKI'.ÈSE.

A celle que Ion cœur préfère , Promets- tu bien amour constant?

PHILIPPE

J'en jure, foi de militaire, Thérèse, reçois mon serment.

THERESE

A ta promesse , ah ! mon cœur s'abandonne , Mais ce serment qui va nous réunir , Songe, Philippe, à ne pas le trahir.

Les Frères. 5

PHILIPPE , vivement.

Je n'ai jamais trahi personne.

ENSEMBLE

Pour mon cœur, etc.

THERESE

Mais , nous parlons de bonheur , et peut-être , hélas ! sommes-nous à la veille d'être bien malheureux.

PHILIPPE

Comment ?

THÉRÈSE

Monsieur Morin est venu ce malin.

Pour ces huit cents francs que lui doit ma mère ?

THÉRÈSE

Oui... et si aujourd'hui même., ma tante ne lui compte pas cette somme...

PHILIPPE

Ne pleurez-pas, Thérèse... eh! bien, que fera-t-il ?

THERESE

Il fera vendre demain , la maison et tous les meubles.

PHILIPPE , avec force.

Le misérable ! vendre la maison de ma mère ?

THERESE

Il doit revenir.

PHILIPPE

Je l'attends.

THERESE

Je vous en conjure , mon ami j ne le fâchez pas ! c'est un méchant homme.

PHILIPPE

Vendre la maison de ma mère !

THERESE

Contraignez-vous, Philippe, le voici:

PHILIPPE

J'ai peine à contenir mou indignation.

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