‹ Les petits appartemensChapitre 33 sur 356 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

les, nous pouvons parler franchement... Est-ce qu'en outre de ton prétendu, tu aurais encore un amoureux?.. Alice , avec effroi.

Un amoureux! [se rapprochant de Catherine , à demi-voix}. Je crois qu'oui.

CATHERINE

J'en étais sûre... et où est-il?

ALICE

Je n'en sais rien.

Oui est-il donc?

Je l'ignore.

CATHERINE

ALICE

CATHERINE

Comment , tu ne le connais pas ?

ALICE

Eh non ! vraiment.

CATHERINE

Par exemple, je n'ai jamais entendu rien de pareil ! et comment cela est-il arrivé?

ALICE

Oh ! mon Dieu , je m'en vais te le raconter. Tu sais bien , il y a deux mois , quand tu es partie avec ton tuteur Raimbaud pour ses vignes de Ma;lly. CATHERINE.

Où nous sommes demeurés tout le temps des vendanges...

Moi, pendant votre absence j'étais restée seule ici... et un jour , sans mVn douter, j'avais conduit mon troupeau près du torrent de Saint-Hubert , vis-à-vis l'île aux Loups.

CATHERINE

Tu oses aller dans un endroit comme celui-là, un endroit qui est le rendez-vous de tous les esprits du pays, et où on dit que les sorciers tiennent leur sabbat tous les treize du mois?

LLICE.

Aussi lorsqu'on levant les yeux je nie suis vue au bord

du torrent j'ai voulu m 'enfuir mais la tête m'a

tourné , le pied m'a glissé...

CATHERINE

Voilà comme les malheurs arrivent!

ALICE

Et je suis tombée au milieu des vagues où je ne sais pas ce que je suis devenue, car j'avais perdu connaissance... Mais quand j'ouvris les yeux, j'étais assise snr le gazon... et près de moi un beau jeune homme... C'était à lui que je devais la vie, et je ne savais comment m'acquitter envers lui, lorsqu'il me dit: Il faut que je m'éloigne , mais si vous croyez me devoir quelque reconnaissance, venez m'en remercier demain, ici, au même endroit.

CATHERINE

Et tu y es retournée?

Il aurait fallu avoir bien mauvais coeur pour y manquer ? est-ce que tu aurais été assez ingrate pour cela ?...

CATHERINE

Dame! c'est selon! quel air avait-il9

ALICE

Un air si noble et si distingué !

CATHERINE

Ah ! c'est di fièrent !

ALICE

Et une voix si douce, surtout quand il me disait qu'il m'aimait...

CATHERINE

\h! il te l'a dit!

ALICE

Dés le lendemain, et après cela tous les jours.

CATHERINE

C'est-à-dire que tous les jours tu terendaisàlafontaim;'

Page 1