‹ Les petits appartemensChapitre 339 sur 356 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ADELE, DENISE.

{ Elles sont assises près de la maison de Venise t ci préparent des bouquets. )

ADELE.

ie te dis qu'il n'en sera rien.

DENISE

.Voilà de belles raisons ! et si ton père le veut ?

ADELE.

On ne me forcera jamais à l'épouser*

DENISE

Tu t'y prends un peu tard pour te dédire, puisqu'on

signe le contrat ce soir, et que demain

adèle, vivement.

Demain ! ah ! j'espère bien, avant ce temps-là, faire voir au beau monsieur Hyacinthe qu'il me déploit, que je ne lui conviens pas, et que par ainsi nous ne nous épouserons pas.

DENISE

Que tu es simple , ma pauvre Adèle! tiens, je suis veuve depuis dix-huit mois, j'aide l'expérience, et je vois qu'aujourd'hui n'y a que les écus qui décident les mariages. On se déplaît, on ne se convient pas , et l'on se marie.... Suffit que tu sois riche, pour que- rien ne fasse déguerpir ton futur*

Air : Tout ça passe.

Quand il s'agit d'faire an choix Quand on pari' de mariage De tons côtés , moi , je vois Qu'où n.'uccord' l'amour ni l'igs

AnjonFrThni c'cstl.i richesse Qui décide les Amans.

{Pa1 tant.) El une fois marié Noire dot et leur tendresse , Tout ça file Jer) en même terus.

ADÈLE

Mais comment mon père s'est-il laissé enjôler par ce benêt d 'Hyacinthe ?

DENISE

Dam , c'est son neveu , c'est ton cousin ; il a fait un voyage à Paris, de quinze jours ; il chante comme à l'Opéra , et nous débite de grandes phrases qu'il pernd dans les romans nouveaux. Oh ! c'est uii savant !... Hyacinthe, qui n'a pas un éou, s'est mis en tête de l'épouser; il sait que son oncle, le plus riche marinier du port, te laissera tout son bien.... Il l'a flatté, cajolé, caressé... Tout cela a séduit le père Thomas.

ADÈLE

Eh bien, ça ne me séduit pas du tout. Je connais moa cousin; malgré son ton sentimental, ses soupirs, ses regards langoureux, il n'est épris que de not' fortune-... Mon père a-t-il déjà oublié les folies de Hyacinthe ? n'à-t-il pas fait la cour à toutes les filles du canton qui avaient de grosses dots? à Louison , à Catherine, a Lucette, ma meilleure amie après toi, ma chère Denise..... Tu sais bien ?

DENISE

Sans doute, la fille de Simonin, ce riche fermier de la grange.

ADÈLE

Il voulait l'épouser: Lucette s'est moquée de lui, et s'est

mariée Tan passé à un jeune marchand de Paris C'est

depuis ce temps-là que M. Hyacinthe a jette les yeux sur moi; n'est-ce pas bien flatteur?

Dr.rnsE.

Ton père a tort; mais enfin il le veut.

ADELE.

Patience \ il me traite toujours comme une enfant? je vais pouilant avoir dix-huit ans ! ah! je lui montrerai bien que j'ai aussi une volonté, et que je veux me marier à ma fantaisie.

DENISE

Au cher Firmin , n'est-ce pas ? ce jeune brigadier de hussards.

ADLI ç.

Pourquoi non?

Air ; Il me fa mira quitter l'Empire

Firmin est rempli île courage, De talens, d'esprit, et d'honneur j Il est à-peu-près de mon âge, Et sa gaîté répond de son Loti coeur- Près de lui mon âme attendrie , D'un vrai guerrier admirait la valeur.

Je suis française et j'aim' tant ma patrie» Que malgré moi, j'aimai son défenseur.

utilise.

Dame , pourquoi Firmin est-il venu trop tard?

Pourquoi mon père s'est-il décidé trop tôt?.

DENISE

Est-ce qu'il écoute quelqu'un quand il a comme ça ses idées ?.... 11 ne m'éroute pas moi , moi sa veisine ! une veuve de vingt ans! certainement, en fait de conseil, je puis me vanter d'avoir une tête !

ADELE.

Tu devrais bien lui parler , ma bonne Denise.

DENIiF.

Lui parler! si je lui parlerai!... Ah! tu verras , et de la bonne manière. Je lui dirai que.... qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?

adÈle , d'un ton décidé.

Que j'aime Firmin, que je déte.ste son Hyacinthe , et que je suis bien décidée.... Oh! mon dieu , je l'entends.

DENISE

Te voila déjà toute tremblante! joli début, pour tenutête à ton père!

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