‹ Les petits appartemensChapitre 340 sur 356 · LES MEMES, THOMAS · texte numérisé non relu

LES MEMES, THOMAS

Thomas , parlant, à la coulisse.

Allons, allons , préparez la grande chambre , nettoyez les bancs, mettez la nappe blanche, le notaire pour quatre

heures, le crin crin pour cinq , le souper, les chandelles

ADÈLE, à part.

Le notaire ! que je suis malheureuse !

DEVISE , bas.

!N"e te désole donc pas.

Thomas, entrant.

Jarni ! quel tintoin qu'une noce de mariage/ eh ben ! vous autres vous n' vous remuez pas pus qu'un bachot engravé !

ADÈLE

Mon père

THOMAS

Faut que j' fasse tout , moi! ce futur qui n'arrive pas! et les païens qui s' fout attendre!.... Eh ben , Adèle, tu n' dis rien ? te v'îà comme une audomade ! d' la gaîté , m >rbleu , d' la gaîté ! — Que diable, le jour d' son mariage, faut pas faire une figure d'enterrement.

Air: Reçois dans ton galetas*

Faat nous montrer aujourd'hui

Une mine épanouie}

Dla gaitc , jamais d'ennui,

Le beau jonr où l'on se marie!..

Mais la douleur, le chagrin j

Garde ça pour le lendemain.

J' crois, dieu m' pardonne , qu' t'as les yeux rouges^

Adèle, embarrassée.

Moi!....

THOMAS

T'as pleuré, j'te dis.

C'est que

THOMAS

C'est que.... Est-ce que t'es muette à présent ? ça s'rait du fruit nouveau1.

ADÈLE

C'est que j'ai fait un rêve.

Thomas, vivement.

Un rêve ! ah ! mon dieu , conte-nous ça.

ADÈLE

Vous vous moquerez de moi.

THOMAS

Eh! non, non, v'ià Denise qui nous dira tout d'suite le. dessous des cartes.

ADÈLE

Tenez , mon père , il me semblait que j'élions sur la grande place a danser avec mon cousin Hyacinthe ; v'ià que mon, cousin faisait les doux yeux a la petite Fanchctle

THOMAS

Voyez- vous ça!

ADELE.

Via que Fanchette lui faisait des raines.

DENISE

La coquette!

Et v'ià que mon cousin me plante là, et m'dit qu'il n'veut plus de moi.

THOMAS

I' n'veut plus de toi ! ah ! sarpejeu ! j'voudrais ben voir

qu'i' bronchit d'vant moi! Oh! ça, dis donc; est-ce que

je n' l'y sautis pas au cou pour l'étrangler ?

ADÈLE

Non , mon père : vous causiez avec un autre jeune homme qui me regardait souvent.

THOMAS

Eh bien , qu'est-ce qu'il dit, ce jeune homme qui nous tombe des nues.

ADELE.

Ah ! mon père , il était bien mieux que mon cousin ; il avait un air honnête , poli

THOMAS

Vraiment ?

ADÈLE

Air : vaud. de partie àarrée.

Oui, ce jeune homme avait tout en partage : Aimable et doux, sensible et prévenant:

De sa candeur, ses yeux offraient l'image, Et son regard jurait d'être constant.

D'un bon époux je voyais le modèle ,

Et mon cœur était captivé :

Je le voyais soumis, tendre et fidèle....

J'vois bien iju'tu l'as rêvé. {ter.)

ADÈLE

Enfin , mon père , il s'approcha de vous d'un air ben respectueux; il vous dit qu'il m'aimait, qu'il désirait rn'épouser

et que puisque mon cousin m'abandonnait

thomas, à pari.

Il y a quelque chose. ( haut.) Et qu'est-ce que je répondis au jeune homme.

ADÈLE

Oh ! mon dieu, vous lui dites que

thomas, sévèrement* Hein?

ADELE, timidement.

Mon pore , je me suis éveillée au moment que vous pliiez répondre.

THOMAS

T'as fort bien fait de te réveiller: car tu allais me faire dire quelque sottise. Sois tranquille au surplus, m'if enfant, Hyacinthe ne fera pas les yeux doux à la p'tite Fauche t te...;

ADlh.E.

Moi, je crois aux pressentiinens.

THOMAS

t'as possible.

ADÈLE

Mais enfin, s'il me refusait?.... Je crois bien qwe je serais libre.

THOMAS

Certainement j'serions libres.

DENISE

Et vous la laisseriez maîtresse de son choix.

THOMAS

Oh! pour ça je n risque rien de l'promettre Hyacinthe

te refuser ! un jeune homme aimable, sensible, prévenant,' qui t'adore

ADÈLE

Oh ! qui m'adore !....

thomas , se fâchant.

Oui, mam'zelle, qui vous adore. Jarni! que de raisons! mais tout ça n' sert de rien ; j'veux qu'vous soyez heureuse , et vous serez heureuse.

ADÈLE

Oh ! j'dis heureuse!

thomas , la menaçant.

Ah ! ça , veux-tu finir !... j 'te dis qu'tu s' ras heureuse. Et quant au jeune homme si respectueux, comme il est probable que tu ne le verras jamais....

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