SCENE IV
tES mêmes , excepté THOMAS.
FIRMIN
Ouf! le voila parti/
( ïo)
DENISE
Ah! ah! monsieur l'étourdi, vous vous avisez donc de nous faire rêver.
APÈr-E.
Ali ! mon cher Firmin , qus mon père est cruel !
FIRMltf.
J'ai tout entendu ; mais , m >rbieu, il ne sera pas dit qu'un îmbérille, qu'un fat de village , l'emporte sur un brigadier de hussards! je t'épouserai malgré ton père, ton futur , et malgré toi-même s'il le faut.
ADÈLE
Doucement, s'il vous pi. ut.
FIRMIX.
C'est que tu n'as pas d'idée de mon amour! d'honneur, je âuis capable de faire l'impossible pour t'obi'uir. Y rai, tu n'as qu'a parler.
Air : J'avais pris femme iaid*.
Fant-il ne jamais boire ?
Passez d'vant l'eabaret
Comme an trai'„ On r'nonccr à la gloire, D'changer d'belle et d'amour Chaque jour ?
Faut -il jarcr d'être fidèle?
Fant-il souffrir, languir, Et mourir ?
Bagnldlc : Bagatelle! Bagatelle!
ADKl E.
Jolie lîiariière de prouver la tendresse!
FI R MIN
Dame, je ne puis pas offrir davantage. Tu ne veux pas que je me propose a ton père , tu m'empêches de rosser ton prétendu.
adî:i,e.
Je veux. qu.° (u imagines, que tu trouves un moyen de rompre mou mariage, sans battre ni tuer personne.
Bon! j'ai déjà pris mes mesures.
DT.NISE.
Voyons un peu.
fît. m ix.
D'abord, j'ai prévenu Ions tues amis, qui doivent complimenter Uy.u.inl lie , et l'enivrer de façon , que ce soir il «.ara plus pressé de dormir que de signer le contrat.
ADELE.
A la bonne heure.
FIRIUIN.
Et puis , comme il n'est jamais défendu de ruser avec l'ennemi, j'ai si bienfait, que ton cousin ne peut plus sa passer de moi,* il m'a pris dans une amitié incroyable- je suis son confident , son consolateur.
DENISE
Allons donc.
Fil*. MIN.
Il vient me raconter ses peines, se plaindre de tes rigueurs et me prier de te parler pour lui.
DENljH.
On ne peut mieux choisir.
ADELE.
Eh bien! a quoi cela nous mènera-t-iP
FIF.M1N.
Je compte profiter d'une confidence qu'il m'a faite oânS un moment d'effusion sentimentale; je veux qu'il rompe luimême son mariage avec toi, et se perde tout-a-fait dans l'esprit de ton père.
ADÈLE
Très-bien imaginé.
DENISE
Quelle est donc cette confidence t
FIBMIN.
Ayant de songer a ma. chère Adèle , Hyacinthe s'était pris de belle passion pour Lucette, la fille de Simonin, espiègle de dix-neuf ans, jolie comme un petit démon , et de plus,, ifille unique du richard de ce canton.
ADÈLE
Je sais cela aussi bien que toi.
FÎKMiN.
Hyacinthe, très- amoureux de la terme de Simonin, voulut parler de mariage. Lucette s'amusa quelque temps de notre imbécile, et finit par épouser un nommé Dncios quelle aimait, et qui l'emmena a Paris.
ADÈLE
Je ne vois pas encore à quoi ce mariage peut nous servir,,
FlîlMIN.
Tune devines pas? je tue le mari de Lucette
DTNlSE.
Miséricorde !
FIPM1N.
N'ayez pas peur , ce n'est que pour la forme. Lucette est veuve, elle aime toujours Hyacinte, et je la fais arriver ici.
ADÈLE
.T'entends ; l'idée est excellente; mais où. trouveras-tu quelqu'un qui se charge de faire noire veuve?
FlllMIft.
Bah ! la première personne venue.
DEXISE.
Vous n'y pensez pas; Hyacinthe reconnaîtra les traits
FIRMIN
Bon! avec un grand voile, de longs habits de deuil.... Et
puis ce pauvre garçon est si facile a duper ! Eh! tenez ,
Je voyez-vous la-bas , dans l'allée des tilleuls.... la plaisante tournure !
adllE, le regardant.
Ah/ bon Dieu, quels gros soupirs!
FIKMI9Ï.
Il est tout sentiment: il ne fait plus autre chose que chanter, des rom;;nces et contempler la lune.
ADELE.
J\ïariez-vous donc "a un homme qui passera son temps à contempler la lune.
Il vient de ce côté.
ADKI.E.
Je me sauve !
DENISE
Kentre vite chez moi.