SCENE XV. r
ALBÉRIC, ALICE
ALBÉR1C.
Eh bien ! Alice, ma vue vous effraye?
ALICE
Oui, d'abord... dans le premier moment; {à pari.)
36 LE LOUP-GAKOU ,
mais maintenant, au contraire... j'ai une grâce à vous demander.
ALBÉRIC
Et laquelle?
ALICE
C'est de ne pas aller ce soir dans la forêt...
ALBÉRIC
Et pourquoi !
ALICE
Pourquoi?... il me le demande! apprenez qu'ils sont tous partis pour la chasse... la chasse au loup...
ALBÉRIC
Eh bien ! qu'est-ce que ça me fait?
ALICE
Comment! ça ne lui fait rien... (àpart. ) il paraîtrait qu'ils ne connaissent pas leur état! il faut le sauver
malgré lui. (Elle vadoucemeni fermer la pur te à droite.) ALBÉRIC, se retournant.
Eh Lien ! que faites-vous?
ALICE
C'est la seule porte qui donne sur le bois , et je l'ai fermée pour que vous ne puissiez pas sortir... vous allez rester seul ici jusqu'à demain matin ; parce que, voyezvous, voilà neuf heures, et si elles venaient à sonner pendant que je suis là avec vous... je crois que j'en mourrais de frayeur... Adieu, ne me retenez pas... (reprenant la lampe.) Adieu , bonne nuit ; maintenant que je vous sais ici, je dormirai plus tranquille.
ALBÉRIC
Je n'y comprends rien, et à moins que sa tête...
(Neuf heures sonnent, Alice pousse un ni et laisse tomber sa lampe, une obscurité totale règne sur le théâtre et au même moment on en tend le bruit des cors de chasse et des fanfares.)