SCENE XV
DUO
ALICE
Hélas ! hélas!
N'approchez pas !
Monsieur le loup , ne me dévorez pas !
ALBÉRIC
Qu'entends-je? 6 ciel!... est-il possible? Pour qui me prenez- vous?
ALICE
Pour ce loup si terrible , Que l'on poursuit en ce moment !
ALBÉRIC
Qui vous l'a dit?
Mais c'est Bertrand, C'est le village entier qui tremble et vous redoute !
ALBÉRIC
Et ce matin , voila pourquoi, sans doute, Par vous mes vœux ont été repousses?
ALICE
Oh! oui vraiment!... n'est-ce pas bien assez?
ALBÉRIC , à part.
Moi qui voulais être aimé pour moi-même,
Je vais bien voir si c'est ainsi qu'on m'aime!
lut. )
Eh bien !... le sort en est jeté , Et sur ce funeste mystère, Hélas! je ne puis plus me taire, On vous a dit la vérité!
ALICE
Ah! ciel!
ALBÉRIC
Oui, dans mon sort funeste , Tout change , hormis mon cœur ; Et l'amour qui me reste Double encor mou malheur.
ALICE
Ah! son destin funeste, Hélas! touche mon cœur; Et de lui , je l'atteste , Déjà je n'ai plus peur.
ALBÉRic , ouvrant la porte.
Oui, de mon sort telles sont les rigueurs , Que je me livre à vos chasseurs!
ALICE , l arrêtant.
O ciel ! que dites-vous?
ALBÉRIC
J'y cours à l'instant même , Si je ne puis ici fléchir celle que j'aime î
ALICE
Mais que demandez-vous ?
ALBÉRIC
Rien. . qu'un seul mot d'amour !
ALICE
Pas à présent! demain! lorsque viendra le jour!
ENSEMBLE
ALBÉRIC. ALICE
Mon amour , je le voi , Oui , sa voix , malgré moi ,
Dissipe son effroi ; Dissipe mou effroi ;
Ce n'est plus la frayeur De trouble et de bonheur
<^ui fait battre sou eœur ! Je sens battre mon cœur.
ALBÉRIC
Tu m'appartiens , Alice , et ton cœur est à moi ! Que ta main soit ici le gage de ta foi !
La voici... Ciel! eh! mais... vraiment... je ci ois Que c'est comme autrefois !
ALBÉRIC
Je devais revenir à ma forme première Du moment où ton cVéur me serait engagé'
ALICE
Vh ! cela n'est pas vrai.
ALBÉRIC
Mais pourquoi donc, ma chèrcl
ALICE
C est que voilà deux mois que vous sciiez changé!