SCENE III
MADAME DURAND, ERNEST, sortant à\ sachant
en bonnet militaire , et dans le plus grand désordre •.
ERNEST
Eh 1 madame Durand !
MADAME DURAND
>l notre jeune offici. r.
ri st.
Est-ce que le diable s'esl empare d< au soir un fou qui faisait un vaeann i. .
• uibours ; il y a dont un
MADAME DURAND
Non , mais il y a un mariage.
ERNEST
Ali ! c'est vrai , j'oubliais... On voit bien que ces gens-là ne se sont pas couchés comme moi à cinq heures du malin.
MADAME DURAND
N'avez -vous pas de honte? un jeune homme bien né, riche comme vous êtes... jouer ainsi toute la nuit.
ERNEST
C'est vrai , ils m'ont gagné tout mon argent ; mais , va , c'est bien la dernière fois. Je suis seulement fâché qu'ils soient partis ce matin: je leur aurais demandé une revanche sur parole.
MADAME DURAND
Comment , sur parole? ... quand vous avez pour parent le premier banquier de Péronne.
ERNEST
Bah ! toutes les fois que je vais puiser à la caisse, ... ce sont des reproches, des lamentations... J'aimerais mieux qu'il prît quarante pour cent, et qu'il me fît aracc des sermons. C'est ennuyeux avec ces négocians de province, on ne peut pas se ruiner à son aise... Parlez-moi des banquiers de Paris... A-propos, la mariée est-elle descendue?
MADAME DURAND
Comment?
ERNEST
Oui, cette jolie personne que j'ai vue arriver hier sou dans l'auberge... Que de grâces! que de modestie!... Par bleu , il y a des gens bien heureux dans le monde! Et, si mon oncle m'avait proposé une femme comme celle-là , il y a long-temps que je serais marié.
MADAME DURAND
Vous, marié?
ERNEST
Oui, tout le monde le voulait... J'étais pins raisonnable qu'eux tous... Je ne voulais pas... J'ai même eu le courage de ne pas voir la future de peur de me laisser tenter!... Eh bien ! qu'est-ce que tu as donc ?
MADAME DURAND
Je vous regarde... Voyez donc ce bonnet de travers , ... cette cravate en désordre... N'avez-vous pas l'air du plus franc mauvais sujet?... Je m'en rapporte aux gens qui s'y connaissent.