SAINT ÉTIENNE DE BOURG
1118. — Pape : Gélase II. — Roi de France : Louis le Gros.'
Saint Etienne de Bourg était chanoine de Saint-Ruf, à Valence, en Dauphiné. Rien n’était plus édifiant que sa vie dans cette maison. Mais la solitude, où, comme dit Origène, l’air est plus pur, les cieux plus à découvert, et où Dieu se communique avec plus de familiarité, la solitude le charmait et l’attirait irrésistiblement. Accompagné d’un autre chanoine de Saint-Ruf, nommé Etienne de Die, il se rendit à Séche-Fontaine!, dans le diocèse de Langres, où saint Bruno, avec quelques compagnons, avait déjà commencé à mener la vie érémitique. Saint Robert, abbé de Molesmes, les avait attirés là et leur avait donné une règle. Cependant, saint Bruno ne trouvait pas cette solitude assez sauvage : alors les deux nouveaux venus lui proposèrent d'aller s'établir dans un désert du diocèse de Grenoble appelé Chartreuse. Ils assuraient à saint Bruno qu'il serait content de l’âpreté et de l’aridité de cette retraite. Ils ajoutaient que Hugues, évêque de Grenoble, grand ami de la vie religieuse, serait heureux de les voir s'établir dans son diocèse. Saint Bruno, persuadé, se mit en route avec ses compagnons ; les pèlerins étaient au nombre de sept; prévenu par un songe mystérieux, saint Hugues les reçut avec des transports de joie et les conduisit à la C'hartreuse ; ils y arrivèrent le jour de la Saint-Jean de l’année 1084. Ce même jour était commencée la fondation de la Grande-Chartreuse. Saint Etienne de Bourg y passa trente-trois années de sa vie. Ce laps de temps expiré, Dieu, avant de l’appeler à lui, voulut lui faire couronner sa carrière par l’œuvre d’une fondation importante. Sur la demande du bienheureux Ponce de Balmey, son parent, Dom Guigue, son prieur, lui donna l’ordre d'aller fonder une Chartreuse à Meyria. Elle fut commencée en 1116; elle était peuplée d’une florissante colonie de religieux deux ans après, lorsque son saint fondateur la quitta (4 janvier 1118) pour la demeure céleste. Il s’opéra des miracles à son tombeau. La Chartreuse de Meyria a duré jusqu’en 1799, toujours gouvernée par des hommes éminents en vertu et en sainteté. Cette date de 1792 dit assez quelles mains la détruisirent; ce n’est plus qu’un amas de ruines.
1. Ou mieux Saisse-Fontaine, en latin Sawi-Fontana, fontaine du rocher.
SAINTE FAUSTE (époque inconnue).
La mémoire de sainte Fauste, vierge et martyre, est célèbre à Fesenzac, dans l’ancien comté d'Armagnac, aujourd’hui département du Gers et diocèse d’Auch. Ses reliques furent longtemps conservées et honorées au même lieu, dans une église construite sous son invocation, et que les Normands détruisirent l’an 864. Le monastère de Solignac, fondé dans le Limousin par saint Eloi, ayant été brûlé la même année par ces barbares, Arnaud, duc de Gascogne, qui avait formé le projet de le rebâtir et d'y prendre l’habit religieux, persuada à l’abbé d'envoyer en Gascogne le moine Aldaire, pour en rapporter des reliques des Martyrs dont on enrichirait le monastère. Celuici, après avoir visité inutilement divers lieux, arriva enfin à Fesenzac, au sanctuaire de sainte Fauste, qu'il avait appris avoir été détruit par les barbares; et écartant de suite les décombres sous lesquels était enfoui le corps de la Sainte, il l’enleva à l'insu des habitants, et le transporta au monastère de Solignac1.
De Solignac, les saintes reliques furent transportées, en 1247, au diocèse de Bourges, dans l’abbaye Cistercienne de Notre-Dame de la Prée, près d’Issoudun,