‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 118 sur 412 · B. FRÉDÉRIC, PRÉVOT DE SAINT-VAAST D’ARRAS · texte numérisé non relu

B. FRÉDÉRIC, PRÉVOT DE SAINT-VAAST D’ARRAS

1020. — Pape : Benoit VIII. -- Roi de France : RobertIl.

Au milieu de ces fiers chevaliers que présente en tous lieux l’histoire du moyen âge, dans ces châteaux et ces forteresses que la féodalité avait multipliés de toutes parts, Dieu alla plus d’une fois chercher des hommes selon son cœur pour donner aux peuples de grandes leçons. Le bienheureux Frédéric fut de ce nombre. Son père, Gode‘roy le Barbu, comte de Verdun, avait épousé en secondes noces Mathilde, fille de Hermann, duc de Saxe, et veuve de Baudoin, comte de Flandre. Cinq fils, dont notre Saint fut le troisième, naquirent de cette union; dès l'enfance de Frédéric, on remarqua en lui des dispositions heureuses. Elles se développèrent dans son cœur et firent de lui un vaillant chevalier, un seigneur sage et modéré, et par-dessus tout un chrétien accompli. Humble au milieu des grandeurs, il trouva dans cette vertu des armes pour résister aux séductions mondaines, et des inspirations pour se montrer toujours bienveillant et charitable envers les moindres de ses vassaux. À une âme si bien préparée, les sacrifices même les plus héroïques devenaient faciles. Aussi est-on peu étonné, quand on voit ce seigneur faire donation de son comté de Verdun (985), dont il avait hérité à la mort de son père (997). Frédéric voulait garantir le clergé des vexations qu'il avait souffertes, sous les comtes ses prédécesseurs; peut-être aussi était-il heureux de trouver une occasion de réparer les torts de quelques-uns de ses ancêtres envers cette église de Verdun. Ce fut en 997, après la mort de son frère aîné, Adalbéron Il, évêque de Verdun, que notre bienheureux fit cette cession de ses domaines. Après ce grand acte de renoncement, il entreprit un voyage en terre sainte. Sa foi et sa piété trouvèrent dans ces lieux sanctifiés par la présence du Sauveur, un aliment inépuisable. Au retour de ce pèlerinage, il se rendit à Reims, auprès du vénérable Richard, doyen de l’église métropolitaine. On croit qu’il y avait déjà des relations

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