‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 117 sur 412 · Dict. des Péler,, Migne · texte numérisé non relu

Dict. des Péler,, Migne

sage qu’il convertirait un jour le vin en son précieux sang : ce qu'il a faiten la dernière cène, ce qu'il fait tous les jours dans la célébration du saint sacrifice de la messe.

Pour achever le tableau de cette fête, nous empruntons à l’Année liturgique de Dom Guéranger les extraits suivants :

« La fête de l’'Epiphanie est la suite du mystère de Noël; mais elle se présente sur le cycle chrétien avec une grandeur qui lui est propre. Son nom, qui signifie manifestation, indique assez qu’elle est employée à honorer l'apparition d’un Dieu parmi les hommes.

« Ce jour, en effet, fut consacré pendant plusieurs siècles à fêter la naissance du Sauveur, et lorsque, vers l'an 376, les décrets du Saint-Siége obligèrent toutes les Eglises à célébrer désormais, avec Rome, le mystère de la Nativité au 25 décembre, le 6 janvier ne fut pas entièrement déshérité de son antique gloire. Le nom d’£piphanie lui resta avec la glorieuse mémoire du baptème de Jésus-Christ, dont la tradition fixe l'anniversaire à ce jour.

« L'Eglise grecque donne à cette fête le vénérable et mystérieux nom de Théophanie, si célèbre dans l’antiquité, pour signifier une apparition divine. On trouve ce nom dans Eusèbe, dans saint Grégoire de Nazianze, dans saint Isidore de Peluse ; il est le propre titre de la fête dans les livres liturgiques de l'Eglise melchite.

« Les Orientaux appellent encore cette solennité /es saintes lumières, à cause du baptême que l’on conférait autrefois en ce jour, en mémoire du baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain. On sait que le baptème est appelé, dans les Pères, i//umination, et ceux qui l’ont reçu, #//uminés.

« Enfin, nous nommons familièrement, en France, cette fête, la #éte des Bots, en souvenance des Mages dont la venue à Bethléem est particulièrement solennisée aujourd’hui.

« L’Epiphanie partage, avec les fêtes de Noël, de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte, l'honneur d’être qualifiée de jour frès-saint, au Canon de la messe, et on la range parmi les fêtes cardinales, c’est-à-dire parmi les solennités sur lesquelles repose l’économie de l’Année chrétienne. Une série de six dimanches emprunte d’elle son nom, comme d’autres successions dominicales se présentent sous le titre de Dimanches après Pâques, Dimanches cprès la Pentecôte.

« Par suite de la convention faite, en 48014, entre Pie VII et les consuls de la République française, le légat Caprara procéda à une réduction de fêtes, et la piété des fidèles en vit, à regret, supprimer un grand nombre. Il y eut des solennités qui ne furent pas supprimées, mais dont la célébration fut remise au dimanche suivant. L’Epiphanie est de celles qui subirent ce sort; et toutes les fois que le 6 janvier n’est pas un dimanche, nos Eglises voient retarder jusqu’au dimanche suivant les pompes qui accompagnent un si grand jour dans tout l’univers catholique.

La piété des fidèles, au moyen âge, présentait au prêtre, pour qu'’illes bénît en la fête de l’Epiphanie, de l'or, de l’encenset de la myrrhe, et l’on conservait, en l'honneur des trois Rois, ces signes touchants de leur dévotion envers le Fils de Marie, comme un gage de bénédiction pour les maisons et pour les familles. Cet usage s’est conservé encore en quelques diocèses d’Allemagne, et il n'a disparu du Rituel romain que dans l'édition de Paul V, qui crut devoir supprimer plusieurs bénédictions que la piété des fidèles ne réclamait plus que rarement,

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us longiemps, inspiré aussi par la piété

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naïve des âges de foi. Pour honorer la royauté des Mages venus de l'Orient vers l'Enfant de Bethléem, on élisait au sort, dans chaque famille, un roi pour cette fête de l’Epiphanie. Dans un festin animé d’une joie pure, et qui rappelait celui des noces de Galilée, on rompait un gâteau, et l’une des parts servait à désigner le convive auquel était échue cette royauté d’un moment. Deux portions du gâteau étaient détachées pour être offertes à l'enfant Jésus et à Marie, en la personne des pauvres, qui se réjouissaient aussi en ce jour du triomphe du Roi humble et pauvre. Les joies de la famille se confondaient encore une fois avec celles de la religion ; les liens de la nature, de l’amitié, du voisinage se resserraient autour de cette table des Æors, et si la faiblesse humaine pouvait apparaître quelquefois dans l'abandon d’un festin, l’idée chrétienne n’était pas loin et veillait au fond des cœurs.

« Heureuses encore aujourd’hui les familles au sein desquelles la fête des Rois se célèbre avec une pensée chrétienne ! »

Ext. de l'Année liturgique de Dom Guéranger.

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