‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 120 sur 412 · SAINT GUÉRIN · texte numérisé non relu

SAINT GUÉRIN

ABBÉ DE NOTRE-DAME D'AULPS ET ÉVÊQUE DE SION 4150. — Papes : Gélase IT, Eugène III. — Ducs de Savoie : Amédée III et Humbert III, Ze Saint,

Saint Guérin, né à Pont-à-Mousson, en Lorraine, entra de bonne heure à l'abbaye de Molesmes. Ses progrès rapides dans les voies de la vertu et la direction des âmes le firent choisir, vers 1440, pour aller diriger l’abbaye de Notre: Dame d’Aulps!, fondée en Chablais, dans le diocèse de Genève, vers l’an 1094.

Par son humilité, son esprit de pénitence, sa vive piété, il acquit assez d'influence sur ses religieux pour y rétablir la discipline, faire disparaître les cellules éparses, interdire l’entrée du monastère aux femmes, et faire enfin adopter la réforme de saint Bernard de Clairvaux. C’est ensuite de ce changement que le pape Callixte Il, ancien métropolitain de la Viennoise, déclara, en 1420, l’abbaye d’Aulps indépendante de celle de Molesmes. Saint Guérin peut en être considéré comme le second fondateur. Il avait donné, en effet, à cette maison un surcroît de vigueur tel que l’année suivante elle put fournir un essaim de religieux pour aller fonder une nouvelle maison sur la montagne de Cessens, appelée Haute-Combe, près de Rumilly, en Savoie. Les libéralités de la maison de Savoie attirèrent ces religieux sur les bords du lac du Bourget, où ils transportèrent leur monastère, avec son nom de Haute-Combe, en 11925. Il subsiste encore. C'était un des lieux de sépulture de la maison de Savoie.

La réputation de la maison d’Aulps, croissant de jour en jour, lui attira des donations importantes. Le saint abbé ne les acceptait qu’en vue du service de Dieu, et il envoyait, dans chaque paroisse dont les évèques lui confiaient la direction, des prieurs qui y portaient l’esprit du monastère. Il contribua également aux libéralités dont furent l’objet les abbayes de Bonmont et d’'Abondance, quoique d’un autre ordre, dans le même diocèse. Son habileté dans les affaires n’était guère moindre que sa piété. C’est ainsi qu'il fut, en 4124, un des arbitres du différend entre Humbert, évêque de Genève, et Aymon, comte du Genevois, relatif à leurs droits temporels.

Saint Bernard de Clairvaux en fait l’éloge dans une lettre de 4135, à Ardutius, évêque de Genève, à qui il recommande l’abbaye d’Aulps, de Bonmont et de Haute-Combe. L'année suivante, dans une lettre au saint abbé d’Aulps, celui de Clairvaux approuve sa piété et sa persévérance à entretenir la discipline de son monastère.

L’évèque de Sion, en Valais, étant mort en 1138 en revenant de Jérusalem, les vœux du clergé et du peuple appelèrent à lui succéder l’abbé d’Aulps, dont la sainteté el la prudence éclataient de plus en plus dans tout le voisinage. Mais il fallut un ordre réitéré du pape Innocent II pour lui faire accepter cette charge. Promu à l’épiscopat, il ne changea rien à ses habitudes de religieux. Il se mit à l’œuvre avec une grande activité dans ses nouvelles fonctions. Il rétablit la discipline et les mœurs par ses exemples et sa prédication incessante, malgré son grand âge. De temps à autre, il revenait se retremper dans les exercices.spirituels de la solitude d’Aulps. A la dernière de ces retraites il tomba malade et voulut néanmoins revenir dans son dio-

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