RELIQUES DE S. FROBERT. — ABBAYE DE MONTIER-LA-CELLE
Le nom de saint Frobert se lit dans la plupart des martyrologes : Bucelin, Du Saussay, Molanus, Menard, Wion, Ferrari, Chastelain, etc. Sa fête est fixée au 8 janvier.
L'abbaye de saint Frobert, mise par lui sous l'invocation de saint Pierre, s’appela après sa mort la Celle (cellule) de Saint-Frobert ; elle s'appela ensuite la Celle de Saint-Bobin, du nom d’un de ses religieux, devenu évêque de Troyes, qui combla son monastère de bienfaits. Le nom sous lequel elle est connue depuis longtemps est celui de Montier-la-Celle. Détruit par les Anglais en 1348, sous l'abbé Aimeric d’Orlu, le monastère de Saint-Frobert fut rétabli en partie et au temporel et au spirituel, par labbé Henri de Vienne, successeur d’Aimeric. Ce bénéfice fut réuni à l'évêché de Troyes, par une bulle de Clément IV, donnée sur la demande de Louis XV. Il n'existe plus aujourd'hui (1872), de l’abbaye de Montier-la-Celle, que quelques murs d'enceinte et une parlie de maison.
Plus la moindre trace de l’église de ce monastère qui passait pour un modèle d'architecture aux yeux des connaisseurs du xvI® siècle; sa longueur était de deux cents pieds, sa croisée de cent ; les fenêtres hautes et larges étaient au nombre de trente-huit.
Elle fut construite par Anloine Girard, en 1517, et consacrée sous le vocable de saint Pierre. Ses vitres peintes représentaient plusieurs figures de l’Ancien Testament, avec des mystères du Nouveau. À la voûte du rond-point, on voyait un cul-de-lampe de soixante pieds en rondeur, et quinze de projet hors de la voûte. Il était tout percé à jour et semblait n’être porté que sur le dos d'une colombe volante, suspendue perpendiculairement sur le maitre-autel. L’autel, fermé en console, était un chef-d'œuvre de dessin, d'architecture et de sculpture, dans le goût grec, que l’on soupconnait être l'ouvrage de quelque bon élève de l’école de Florence.
Entre autres reliques, cette église possédait neuf corps saints, renfermés dans huit châsses séparées, dans les niches de sculpture, élevées dans le mur de la coquille qui entourait le maîtreautel. La cathédrale de Troyes est heureuse de posséder encore la tête et les autres reliques de saint Frobert, qui lui furent adjugées par le tribunal du district de la République, le 24 août 1791, Mais le souvenir du saint abbé est bien effacé dans le pays.
Nous avons tiré cette vie du Promptuarium sacrarum antiquitatum, de Camuzat; — De la Sainteté chrétienne, &e Desguerrois ; de l'Ephimeris, du même auteur; de la Topographie historique, de Courtalon— Delaistre, tous documents dus à l'obligeance de M. Harmand, bibliothécaire de la ville de Troyes. Les notes qu'ont bien voulu nous donner Mousieur le Secrétaire de l'évêché et M. Lalore, professeur au grand séminaire, nous ont été aussi très-utiles,
ViES DES SAINTS. — Tome ler, 45