‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 151 sur 412 · VULGAIREMENT APPELÉE GOULE, VIERGE, PATRONNE DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

VULGAIREMENT APPELÉE GOULE, VIERGE, PATRONNE DE BRUXELLES

652-710. — Papes : Saint Martin Ier; Constantin. — Rois de France : Sigebert II; Childebert HI. 3

Dieu est près de celui qui l'invoque.

Cette Sainte, que la capitale de la religieuse Belgique a adoptée pour sa patronne, descendait d’une des plus illustres familles du Brabant. Elle avait pour père le bienheureux Witger, et pour mère sainte Amalberge!. Sa sœur, sainte Reynelde ?, est aussi connue par sa sainteté et son martyre, comme saint Emébert, son frère, qui succéda à saint Vindicien sur les siéges réunis de Cambrai et d'Arras. Dieu, dit-on, fit connaître à la vénérable mère quelle serait l'éminente vertu de cette enfant qu'elle portait dans son sein. Une nuit, pendant qu’Amalberge reposait, il lui sembla entendre ces paroles : « Bannissez de votre âme les inquiétudes qui la fatiguent ; le fruit qui est en vous est un fruit précieux. C’est Dieu lui-même qui m'envoie du haut des cieux vers vous. Vous serez la mère d’une fille sainte. Je vous dis ces choses parce que c’est là le sujet de voire anxiété. Dès sa plus tendre enfance, elle s’attachera aux exercices de piété, et elle y persévérera jusqu’à la fin. Sa vie sera courte, et elle arrivera promptement au séjour de l’éternelle félicité ». A son réveil, la bienheureuse mère leva les mains vers le ciel, pour remercier Dieu de cette faveur qu’il venait de lui accorder. Peu de jours après naïssait, dans un lieu appelé Ham, auprès d’Alost, cette enfant de bénédiction, à laquelle on s’empressa de donner le sacrement de la régénération. Ce fut sa tante, sainte Gertrude, fille de Pépin de Landen, qui la tint sur les fonts de baptème. Quand elle fut assez âgée, la jeune Gudule alla rejoindre, dans le monastère de Nivelles, sa mère spirituelle, qui s’appliqua à la former à toutes les vertus de son âge.

Une terre si bien préparée, et cultivée par une main si habile, ne pouvait manquer de porter des fruits de salut. Gudule, toute petite encore, ne se plaisait que dans les pieux entretiens, dans la lecture des livres de religion; et elle goûtait un bonheur inexprimable dans la méditation des divines Ecritures.« Semblable », dit l’auteur de sa vie, « à l'abeille intelligente, elle renfermait dans la ruche de son cœur le suc des fleurs des vertus, pour en composer les rayons de toutes sortes de bonnes œuvres ». La jeune vierge faisait de rapides progrès dans la perfection. « Chaste de corps et d'esprit, affable envers tout le monde, d’une prudence admirable, elle excellait aussi dans la patience, l’humilité, la douceur et la piété ».

Rentrée dans sa famille, après la mort de sainte Gertrude (664), Gudule fit la consolation de ses parents, qui ne pouvaient assez admirer les trésors de

1. Sainte Amalberge avait épousé en premières noces Thierry, due de Lorraine, père de sainte Pharaïlde. Witger était son second mari. Sainte Gudule serait ainsi sœur germaine de saint Emébert, évêque de Cambrai, de sainte Reinilde, et sœur utérine de sainte Pharaïlde, parente de sainte Aldegonde et de sainte Vaudrû.

2. Nous n'avons aucun motif pour modifier l'orthographe de ce nom que nous avons vu écrit Reinelde, Renelle, Reinelle, Reinilde et enfin Reynelde.

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